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5 juin, journée de la terre

Reportage photo : Haiti / Revenir à Fond Verettes, sinistrée

P-au-P., 5 juin 05 [AlterPresse] --- Le déplacement des populations sinistrées lors des inondations survenues en 2004 à Fonds Verettes (ouest) tarde encore. Mais le ministre de l’environnement, Yves-André Wainright a annoncé à AlterPresse q’une commission technique interministérielle a été créée et a déjà identifié un site pour la relocalisation du bourg de Fonds Verettes.

Le 23 mai dernier marquait le premier anniversaire des inondations meurtrières à Fond Verettes, qui ont fait officiellement 238 morts et plusieurs milliers de sinistrés. A cette occasion un collectif d’associations avait organisé des activités publiques dans la commune.

AlterPresse profite de la journée de la terre pour attirer l’attention, à nouveau, sur la commune de Fond Verettes.

Des centaines de victimes et de personnes solidaires à leur cause se réunissent le 23 mai pour commémorer cette triste date.

Entretemps rien n’a pratiquement changé à la situation générale de la commune.

« Les personnes sinistrées vivent encore sous les tentes et continuent d’être la proie d’éventuelles désastre naturelle », selon Julien Zétrenne directeur de l’école nationale et coordonnateur du Comité de Reboisement de Fonds Verettes (KOREF).

« L’état de délabrement de la route passant au beau milieu de la rivière met en péril la vie de plus de 200000 personnes qui la fréquentent » souligne Julien Zétrenne.

Zétrenne se plaint de « la passivité totale » des forces de police face au problème de la coupe effrénée des arbres dans la communauté. Il dénonce la complicité de la policie dans ces opérations.

Des planches issues d’arbres fraîchement abattus.

La coordonnatrice générale de l’UCETACF, Hélène Orélus, attire l’attention des autorités sur la vulnérabilité des femmes, un an après la catastrophe.

« Les femmes sont dépourvues de tout après la tragédie de 2004 » a lancé Orélus.

Les survivants déposent dans le lit de la rivière dévastatrice, une gerbe de fleurs en mémoire des centaines de disparus, dont le souvenir demeure une source de désolation dans la communauté.

L’Association des Elèves Victimes insiste sur la volonté de voir la vie renaître dans la commune. « Il faut que la vie fleurisse dans la localité », a dit un élève. 17 élèves ont péri dans les eaux en furie l’année dernière.

La protection des berges de la rivière « Gros Cheval » qui traverse la région, les travaux pour l’endiguement des berges, de la ravine de « Gros Cheval » et la construction de barrages dans le lit de la rivière pour freiner la force des eaux, sont envisagées, selon le ministère de l’environnement.

Les travaux débutent d’ici le 4 juillet, promet le ministère.

Les averses ayant affecté la commune de Fonds Verettes et la localité de Mapou (Sud Est) en mai 2004, précédaient de 4 mois celles des Gonaïves (Nord) ayant fait plusieurs milliers de morts et disparus. [fl gp apr 05/06/2005 00:15]