Perspectives

Haïti-Criminalité : Assassinat par balles d’un agent de sécurité du sénateur Youri Latortue

Multiplication de crimes spectaculaires sur le territoire national
mardi 13 octobre 2020

Actualisé à 13:00

P-au-P, 13 oct. 2020 [AlterPresse] --- La nouvelle est tombée dans la soirée du lundi 12 octobre 2020 : Eric Elias Diogène, alias Rico, un garde du corps du sénateur Youri Latortue, opposant farouche de l’équipe tèt kale au pouvoir, a été tué de plusieurs balles, vers 6:00 pm (22:00 gmt), ce lundi 12 octobre 2020, à Delmas 64 (un quartier de Pétionville), selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.

Des individus armés, circulant à moto, ont ouvert le feu sur l’agent de sécurité, qui s’apprêtait à récupérer le véhicule du sénateur, non loin du bureau du parti politique Ayiti an aksyon (Aaa), dirigé par Youri Latortue.

Eric Elias Diogène a rendu l’âme, en chemin, au moment où on faisait diligence pour l’emmener à l’hôpital, pour les soins que nécessitait son état. Diogène est mort, laissant une femme et 4 enfants.

Blessé lors de cette attaque armée, Dieuseul Dupras, un autre employé du sénateur Youri Latortue, a subi une intervention chirurgicale à l’hôpital.

Depuis le 13 janvier 2020, quand Jovenel Moïse a déclaré la caducité du parlement, les policiers nationaux, qui assuraient la sécurité du sénateur Youri Latortue, ont été déplacés.

Les crimes spectaculaires sont très fréquents, ces derniers mois, en Haïti.

Samedi soir 10 octobre 2020, vers 11:00 pm (3:00 gmt le dimanche 11 octobre 2020), des bandits armés, circulant à moto, ont ouvert le feu sur passagères et passagers, qui venaient tout juste d’arriver à proximité de la place de Vertières (Carrefour Nazareth, Cap-Haïtien), en provenance de Port-au-Prince. Claudette Prévil et Thomas Lozier, qui revenaient des États-Unis d’Amérique, ont été tués sur le coup.

Le vendredi 9 octobre 2020, la justice et la police ont découvert, dans un appartement, à Pétionville (à l’est de la capitale, Port-au-Prince), le corps sans vie, avec un trou dans la tête, de Pierre Édouard Rosier, alias Maïkadou, un maquilleur professionnel.

Dans la nuit du mardi 6 au mercredi 7 octobre 2020, des gangs armés ont abattu plus de 10 personnes et incendié plus de 1,500 maisons dans la troisième section communale de Saint-Louis du Nord (Nord-Ouest d’Haïti).

Le vendredi 2 octobre 2020, l’étudiant Grégory Saint-Hilaire a été tué dans l’enceinte même de l’École normale supérieure (Ens) de l’Université d’État d’Haïti (Ueh). Grégory Saint-Hilaire a été tué d’une balle au dos, attribuée à des agents de l’Unité de sécurité générale du Palais national (Usgpn), d’un type de fusil, dénommé « Colt M4, une arme de guerre utilisée par des forces spéciales des Forces armées en guerre », souligne l’organisme de défense des droits humains Fondasyon je klere.

Dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27 septembre 2020, le pasteur Jean-Philippe Quétant et sa femme Herna Plancher, qui venaient de rentrer des États-Unis d’Amérique, ont été assassinés à Onaville 18, dans la commune de Croix-des-Bouquets (municipalité au nord-est de la capitale, Port-au-Prince).

Dans la soirée du vendredi 28 août 2020, le bâtonnier de l’ordre des avocates et avocats de Port-au-Prince, Me. Monferrier Dorval, a été assassiné, par des individus armés, en sa résidence privée, à Pèlerin 5, dans la même zone où habite le président Jovenel Moïse, dans la commune de Pétionville (à l’est de la capitale, Port-au-Prince).

Au-delà de la prolifération des armes sur le territoire national, l’impunité (l’absence de sanction des criminels par la justice), dont bénéficient les gangs armés, depuis plusieurs années, constitue une préoccupation majeure dans la population en Haïti. [emb rc apr 13/10/2020 10:30]