Dépêches

Haïti-Droits humains : La Fondasyon je klere et l’Association médicale haïtienne élèvent leurs voix contre l’assassinat de l’étudiant Grégory Saint-Hilaire

La balle, ayant tué Grégory Saint-Hilaire, provient d’un « Colt M4, une arme de guerre utilisée par des forces spéciales des Forces armées en guerre », relève la Fjkl
jeudi 8 octobre 2020

P-au-P, 08 oct. 2020 [AlterPresse] --- L’organisme de droits humains Fondasyon je klere (Fjkl) qualifie d’odieux l’assassinat, le vendredi 2 octobre 2020, de l’étudiant Grégory Saint-Hilaire, dans l’enceinte même de l’École normale supérieure (Ens) de l’Université d’État d’Haïti, dans une note transmise à l’agence en ligne AlterPresse.

Cet assassinat a été commis à l’intérieur d’un espace légalement inviolable, en l’occurrence l’École normale supérieure (Ens), chargée de la formation des maîtresses et des maîtres pour le système éducatif haïtien, dénonce la Fjkl.

« Ce crime aurait pu être évité, si les responsables avaient répondu aux justes revendications des étudiantes et étudiants finissants de l’Ens, qui ne réclament que leur droit au stage et au travail, conformément aux engagements de l’État », estime la Fjkl.

Grégory Saint-Hilaire a été tué d’une balle au dos d’un type de fusil, dénommé « Colt M4, une arme de guerre utilisée par des forces spéciales des Forces armées en guerre », souligne l’organisme de défense des droits humains Fondasyon je klere.

« Attaquer un centre universitaire avec des armes de guerre est un crime abominable ».

Pour sa part, l’Association médicale haïtienne (Amh) déplore la montée vertigineuse des assassinats, des actes de kidnapping et de vandalisme des biens privés et publics, dans une note.

L’Amh cite le meurtre crapuleux, le 28 août 2020, de l’ex-bâtonnier du barreau de Port-au- Prince, Me. Monferrier Dorval, à Pèlerin 5, dans la même zone où habite le président Jovenel Moïse, l’assassinat, le vendredi 2 octobre 2020, de l’étudiant Grégory Saint-Hilaire, dans l’enceinte même de l’École normale supérieure ainsi que le récent kidnapping, le lundi 5 octobre 2020, du docteur Yghor Myrtho Figaro, devant sa résidence, à Carrefour (municipalité au sud de la capitale).

Des médecins de l’hôpital Dr. Raoul Pierre-Louis, situé à Carrefour, observent, depuis le mercredi 7 octobre 2020, un arrêt de travail, en vue de protester contre le kidnapping de leur collègue, le Dr. Yghor Myrtho Figaro.

Dans une note, portant l’en-tête du sénat de la république, les signataires disent condamner l’assassinat de l’étudiant Grégory Saint-Hilaire ainsi que toutes formes d’obstruction ou de violences, exercées sur les étudiantes et étudiants, dans le cadre de leurs mouvements revendicatifs.

Les doyens des facultés et écoles supérieures, le Conseil de l’Université et le corps professoral sont exhortés à encadrer et orienter le mouvement, dans le sens d’une expression sereine des requêtes et sollicitations. [emb rc apr 08/10/2020 16:05]