Perspectives

Haïti-Droits humains : Des avocates et avocats à nouveau dans les rues de Port-au-Prince, le 5 octobre 2020, pour continuer de demander justice pour Me. Monferrier Dorval


mardi 6 octobre 2020

P-au-P, 05 oct. 2020 [AlterPresse] --- Des centaines de personnes, dont plusieurs avocates et avocats de Port-au-Prince, ont marché à nouveau, le lundi 5 octobre 2020, dans les rues de la capitale, Port-au-Prince, pour continuer de demander justice pour le bâtonnier de l’ordre des avocates et avocats de Port-au-Prince, Me. Monferrier Dorval, assassiné le 28 août 2020, à Pèlerin 5, dans la même zone, où habite le président Jovenel Moïse, a observé l’agence en ligne AlterPresse.

Les avocates et avocats de Port-au-Prince entendent rester mobilisés jusqu’à ce qu’ils obtiennent justice pour leur collègue Monferrier Dorval.

Ayant démarré à l’avenue Monseigneur Guilloux, devant les locaux de la Cour de Cassation, où se déroulait la cérémonie officielle marquant l’ouverture des travaux judiciaires 2020-2021, la marche a parcouru une partie de l’avenue Monseigneur Guilloux et de la rue Capois, puis de l’avenue Jean Paul II, avant d’aboutir devant le cabinet de Me. Monferrier Dorval, à la rue Rivière (Port-au-Prince), lieu de destination du mouvement de protestation.

A l’occasion de la cérémonie d’ouverture, ce lundi 5 octobre 2020, de l’année judiciaire 2020-2021, la bâtonnière par intérim du barreau de Port-au-Prince, Me. Marie Suzie Legros, très mécontente, a décidé de présenter son discours de circonstance, avant le démarrage de la marche, à l’entrée principale de la Cour de Cassation, en présence des avocates et avocats, qui étaient interdits de pénétrer dans l’enceinte de la Cour de Cassation.

Obligation a été faite, par des agents de l’Unité de sécurité générale du Palais national (Usgpn), aux avocates et avocats du barreau de Port-au-Prince, de présenter une autorisation spéciale pour prendre part à cette cérémonie officielle.

Accompagnés d’un mobile sonore, des centaines de militants sont venus grossir la foule des avocates et avocats, qui défilaient dans les rues de Port-au-Prince, pour exiger que justice soit rendue au bâtonnier assassiné le 28 août 2020.

Jovenel, si w pa koupab, mete komisyon entènasyonal la sou pye. Twòp san koule. Jistis pou mèt Dorval, pouvait-on lire, sur des pancartes brandies par les protestataires, lors de la marche de protestation du 5 octobre 2020.

Sur le parcours, des militants ont dressé des barricades de pierres et de pneus usagés enflammés, qui ont été, par la suite, éteints par des agents de la Police nationale d’Haïti (Pnh).

Dans un discours de circonstance, prononcé devant le cabinet de Me. Dorval, à la rue rivière, à Port-au-Prince, la bâtonnière ad intérim de Port-au-Prince, Marie Suzy Legros, s’est élevée contre l’indifférence des autorités de l’État face à l’assassinat, le 28 août 2020, du bâtonnier Monferrier Dorval.

« Qu’est-ce, donc, cet État, qui permet à un agent des forces de l’ordre d’assassiner un étudiant, dans les locaux mêmes d’une faculté publique ? », se demande la bâtonnière ad intérim de Port-au-Prince, invitant les citoyennes et citoyens en émoi à élever la voix pour exiger le respect des droits fondamentaux de la personne humaine.

Tout en critiquant le régime politique tèt kale au pouvoir, qui continue de prendre sans arrêt des décrets illégaux, elle appelle à lutter pour obtenir justice en faveur des victimes des balles assassines, dont le bâtonnier Me. Monferrier Dorval.

Par ailleurs, plusieurs étudiantes et étudiants de l’Université d’État d’Haïti (Ueh) ont aussi manifesté, dans les rues de Port-au-Prince, ce lundi 5 octobre 2020, pour exiger justice, pour leur camarade Grégory Saint-Hilaire, tué par balle, le vendredi 2 octobre 2020, lors d’une intervention des agents de l’Unité de sécurité générale du Palais national (Usgpn), à l’École normale supérieure (Ens) de l’Ueh.

Les protestataires ont dressé des barricades de pneus usagés enflammés dans plusieurs rues du centre-ville, notamment à la rue Oswald Durand.

Durant la tension, qui s’en est suivie, un homme a ete tue par balle, au moment où la police nationale dispersait le mouvement de protestations, à coups de gaz lacrymogènes.

Au moins 2 véhicules, immatriculés Service de l’État, ont été incendiés par des individus non identifiés, selon des témoins. [mj emb rc apr 05/10/2020 16:47]