Perspectives

Après l’assassinat, vendredi soir 28 août 2020, du bâtonnier de P-au-P, Me. Monferrier Dorval

Criminalité : La police nationale d’Haïti déclarée en état d’alerte maximale pour faire face à la terreur des gangs armés


lundi 31 août 2020

P-au-P, 31 août 2020 [AlterPresse] --- Pour faire face à la terreur des gangs armés, après l’assassinat, vendredi soir 28 août 2020, du bâtonnier des avocates et avocats de Port-au-Prince, Me. Monferrier Dorval, la Police nationale d’Haïti (Pnh) est déclarée en état d’alerte maximale sur toute l’étendue du territoire national, annonce le directeur général ad intérim de la Pnh, Rameau Normil, en conférence de presse, ce lundi 31 août 2020, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

Cet état d’alerte maximale figure parmi un ensemble de dispositions prises, en termes de réponse pour contrer les actes de criminalité, qui menacent quotidiennement la vie de chaque citoyenne et de chaque citoyen. Il concerne les commissariats de police de juridiction, les sous-commissariats de police et les unités spécialisés de la Pnh, explique Normil.

« Aucun crime ne restera impuni... Dans un court délai, des informations seront rendues publiques sur l’état d’avancement du dossier d’enquête sur l’assassinat de Me. Monferrier Dorval (Ndlr : 10 juin 1956 Grande Saline / Artibonite - 28 août 2020 Pèlerin - Pétionville / Ouest) », martèle Rameau Normil.

La Direction centrale de la police judiciaire (Dcpj) a déjà ouvert des enquêtes sur l’ensemble de ces crimes de sang, tente de rassurer Rameau Normil, qui était accompagné d’autres hauts gradés de l’institution policière, ainsi que du titulaire du Ministere de la justice et de la sécurité publique (Mjsp), Me. Rockfeller Vincent et du commissaire du gouvernement ad intérim près le tribunal civil de Port-au-Prince, Ducarmel Gabriel.

Le ministère de la justice affirme qu’il ne va plus tolérer, de la part des parquets et des cabinets d’instruction, les décisions de libération de bandits, par ordonnances de non-lieu, après leur arrestation par la police.

Cette dernière semaine, une série d’actes barbares, lâches et révoltants ont été perpétrés dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, en raison d’une recrudescence de la criminalité, relève le ministère de la justice.

« Le Dr. Monferrier Dorval a été fauché par cette machine infernale. Cet acte, planifié et dirigé par les tenants de nos malheurs, met en émoi toute la société haïtienne (…) L’assassinat de Me. Monferrier Dorval épouse toutes les caractéristiques d’un acte terroriste, que les lâches tardent encore à revendiquer ».

Ce malheur n’arrêtera pas le processus de réforme de la Constitution, la réalisation d’élections crédibles et le renforcement de l’état de droit, soutient Me. Rockfeller Vincent.

Des instructions formelles ont été passées et réitérées, afin que l’appareil répressif de la république soit mis en branle contre les terroristes et auteurs intellectuels de cet acte, pour qu’ils puissent être placés hors d’état de nuire.

« Aucun effort ne sera ménagé pour donner satisfaction à cette démarche patriotique. C’est une priorité nationale. Le sommeil des bandits de tout horizon doit maintenant être troublé ».

L’institut médicolégal et la police scientifique sont déjà à pied d’œuvre pour réaliser l’autopsie du cadavre de Me. Monferrier Dorval et un examen méticuleux de la scène du crime, informe le Ministère de la justice et de la sécurité publique.

A partir de ce mardi 1er septembre 2020, un examen plus approfondi de la scène du crime devrait être effectué par le parquet près le tribunal civil de Port-au-Prince, accompagné de la police scientifique et d’un juge de paix.

Un point fixe de patrouilles policières a été aussi placé devant la résidence du défunt Me. Monferrier Dorval pour sécuriser et préserver la scène du crime.

Entre-temps, l’enquête avance et plusieurs personnes sont entendues sur le dossier de l’assassinat de Me. Monferrier Dorval. Les noms des personnes auditionnées ne sont pas encore rendues publiques, pour éviter de brouiller l’enquête, fait savoir le parquet près le tribunal civil de Port-au-Prince.

Du jeudi 27 au dimanche 30 août 2020, environ une dizaine de cas de morts violentes, beaucoup d’assassinats par balles, ont été recensés dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince. [mj emb rc apr 31/08/2020 16:05]