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Haïti-Criminalité : Les associations professionnelles de juges « indignées » et « sidérées » par l’assassinat « crapuleux » de Me. Monferrier Dorval


dimanche 30 août 2020

Note de presse de l’Anamah, l’Apm, le Renamah et l’Ajupha

Document transmis à AlterPresse le 29 août 2020

Le Bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Port-au-Prince, *Me. Monferrier DORVAL*, un juriste dont la réputation d’intégrité ne souffre de suspicion d’aucune sorte et dépasse largement les frontières haïtiennes, vient d’être, lui aussi, fauché, dans la nuit du vendredi 28 août 2020, en sa résidence privée à Pèlerin 5, Pétionville, par la machine infernale de l’insécurité.

Cette machine, qui ne s’arrête pas, décide qui doit mourir, comment, où et quand. Elle viole des femmes, tue des bébés, organise des tueries en masse pour finalement imposer sa paix de cimetière à ses victimes.

L’ attaque contre une telle icône symbolisant le peu qui reste encore d’intégrité dans les professions de droit en Haïti participe, peut- être, des projets funestes d’envergure. Et, à ce propos, des rumeurs de plus en plus inquiétantes se répandent à travers tout le pays.

L’Association nationale des magistrats haïtiens (Anamah), l’Association professionnelle des magistrats (Apm), le Réseau national des magistrats haïtiens (Renamah) et l’Association des juges de paix haïtiens (Ajupha) sont indignés et sidérés, suite à cet acte crapuleux, et pressent les autorités compétentes à diligenter une enquête sérieuse, aux fins de retrouver et traîner, devant la justice, ceux qui ont commis ce crime odieux et révoltant. Elles en appellent les autorités gouvernementales, chargées de garantir la sécurité des membres de la population, à assumer leurs responsabilités.

Elles s’interrogent sur la liberté de certains individus et groupes armés, qui brandissent leurs lourdes armes sous le projecteur des médias et même des grenades à fragmentation ainsi que des fusils à lunettes de tirs de grande précision, sous les yeux impuissants de la population ; et ceci, sans la moindre inquiétude .

Les associations de magistrats, signataires de la présente, concertent et invitent aussi à la concertation tous les syndicats de la basoche et les autres entités socioprofessionnelles organisées à faire front commun pour dire non à cette situation inacceptable.

En attendant, âmes endolories, inclinons-nous devant la dépouille de cet éminent intellectuel, qui avait fait le choix de ne pas fuir sa responsabilité citoyenne, mais de se battre pour la construction de l’État de droit et d’une société meilleure en Haïti.

Tandis que son âme s’envole vers la lumière, que son sang innocent ensemence Haïti d’espoir et qu’un jour nos enfants puissent y vivre en paix, en sécurité et dans la prospérité !

L’Anamah, l’Apm, le Renamah et l’Ajupha présentent enfin leurs sympathies à la famille éplorée, les parents, amis et alliés de Me, Monferrier DORVAL, aux avocats de la Fédération des Barreaux d’Haïti (Fbh) en général et du Barreau de Port-au-Prince en particulier.

Que le Très Haut daigne recevoir
Me DORVAL dans sa maison !

Magistrat Jean Wilner MORIN, Président de l’Anamah

Magistrat Wando SAINT-VILLIER,
Président de l’Apm

Magistrat Ikenson EDUME,
Président du Renamah

Magistrat Michel DALEXIS,
Président de de l’Ajupha