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Éducation/Répression syndicale : La Centrale des syndicats du Québec exige de rétablir des enseignantes et enseignants syndicaux dans leurs fonctions en Haïti


mercredi 19 août 2020

P-au-P, 19 août 2020 [AlterPresse] --- La Centrale des syndicats du Québec (Csq) demande au gouvernement haïtien de rétablir immédiatement et inconditionnellement les membres du personnel de l’éducation, qui le désirent, dans leurs fonctions précédentes, dans une prise de position dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

La Csq appelle le gouvernement à entamer un dialogue constructif avec les syndicats de l’éducation, afin de trouver une issue favorable au conflit social actuel, dans une lettre adressée au titulaire du Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (Menfp), Josué Agénor Cadet.

Cette prise de position de la Csq fait suite à des mesures soudaines, prises par des autorités étatiques, de transférer, de manière arbitraire, plusieurs dirigeantes et dirigeants ainsi que des militantes et militants des droits syndicaux, dont plusieurs issus de l’éducation.

Rose Magalie Georges de la Confédération nationale des enseignantes et enseignants d’Haiti (Cneh) et Georges Wilbert Franck de l’Union nationale des normaliennes et normaliens, éducatrices et éducateurs d’Haïti (Unnoeh) ont reçu un avis de mutation, vers des zones éloignées de leurs lieux de résidence, tandis que l’enseignant et syndicaliste Josué Mérilien a été privé de traitements.

De telles mesures punitives sont intervenues, au moment où les syndicats de l’éducation se mobilisent en faveur d’une reprise des activités scolaires, qui garantisse la protection des droits des enseignantes et enseignants, des élèves et des parents, rappelle la Centrale des syndicats du Québec.

« De tels transferts et suspensions de salaire vont empêcher les syndicalistes de mener leurs activités légitimes, particulièrement nécessaires pour protéger les travailleuses et travailleurs dans le contexte de la crise sanitaire mondiale, qui impacte durement les conditions de vie des citoyennes et citoyens d’Haïti, comme ailleurs dans le monde ».

La Csq en profite pour demander, à nouveau, aux autorités haïtiennes de garantir le respect des normes internationales du travail et, notamment, celles relatives à la liberté syndicale et à la négociation collective.

Elle souhaite le financement d’une éducation publique de qualité et des conditions de travail décentes pour les enseignantes et enseignants, et le personnel de l’éducation.

L’organisme de droits humains Fondasyon je klere (Fjkl) exhorte le Menfp à éviter toute répression syndicale à l’endroit des enseignantes et enseignants protestataires, dans une note de mise en garde.

Pour sa part, l’Initiative de la société civile (Isc) qualifie d’injuste le transfert de la directrice de l’école nationale République des États-Unis à Port-au-Prince, la syndicaliste enseignante Rose Magalie Georges, à un bureau d’éducation de la Croix-des-Bouquets (au nord-est de la capitale). [emb rc apr 19/08/2020 11:05]