Perspectives

Réouverture officielle des classes, le lundi 10 août 2020

Éducation/Covid-19 : Les mesures barrières partiellement respectées dans des écoles publiques et privées en Haïti


mardi 11 août 2020

Par Marlyne Jean

P-au-P, 11 août 2020 [AlterPresse] --- Des écoles publiques et privées ont partiellement respecté les mesures barrières, pour lutter contre la propagation de la pandémie de Covid-19 (le nouveau coronavirus), à l’occasion de la réouverture officielle des classes, le lundi 10 août 2020.

Sur la cour du collège mixte la Providence, situé à Delmas 51, un récipient d’eau et du savon sont installés sur une chaise. Une cuvette y est placée en-dessous pour recueillir les eaux usées, observe l’agence en ligne AlterPresse.

Quelques élèves et responsables de l’école ne portaient pas de masques de protection.

Un élève ne passe pas plus de 10 minutes avec son masque, confie un écolier du collège, rencontré sur les lieux par une reporter d’AlterPresse.

« Les élèves ne portent presque pas leurs masques de protection, particulièrement à cause de la chaleur. Ils ne respectent pas non plus la distanciation physique, lors des échanges avec leurs camarades », rapporte cet écolier.

De plus, la récréation est accordée à tous les élèves en même temps, relève-t-il.

Cet élève, qui requiert l’anonymat, informe que sa salle de classe a reçu, le mardi 11 août 2020, 25 élèves sur près de 40 élèves attendus.

Les élèves absents pourraient venir le lundi 17 août 2020, anticipe-t-il.

Les élèves n’ont reçu aucune formation à distance, depuis la fermeture, le vendredi 20 mars 2020, des écoles, à cause de l’état d’urgence sanitaire, décrété suite à la confirmation officielle des deux (2) premiers cas d’infection au Covid-19 en Haïti.

Le port du masque reste obligatoire. Chaque élève a son masque dans la classe. Les élèves portent leurs masques, lorsque le professeur dispense son cours, fait savoir un autre élève de 9e année fondamentale de l’école nationale République de l’Équateur, interrogé par AlterPresse.

Cette classe a accueilli près d’une trentaine d’élèves, dont la majorité portaient leurs masques. Certains portent, tout de même, leurs masques sous leur menton.

Deux ou trois élèves sont assis par banc en fonction de sa longueur.

Seulement un professeur sur trois a dispensé son cours, lors de la première journée de classe du lundi 10 août 2020. Ce professeur a même menacé de rentrer en grève prochainement, rapporte l’élève, l’air inquiet.

« Si nous avions eu assez de notes, nous aurions pu former un groupe de travail, au cas où les professeurs rentraient en grève ».

La reprise des classes se déroule normalement. Les professeurs sont présents, tente de rassurer le directeur du 3e cycle (7e, 8e et 9e années fondamentales) de l’école nationale République de l’Équateur, Emann Séjour, qui n’était pas sur les lieux.

« Pour les professeurs, il n’y a aucun problème, d’autant plus que, pour le groupe de l’après-midi, il y avait, hier, même trop de professeurs. Car, certains professeurs, qui n’avaient pas cours, sont passés à l’école », déclare le directeur Emann Séjour, joint au téléphone par AlterPresse.

Quelques élèves tardent à reprendre le chemin de l’école, à cause du nouveau coronavirus. Habituellement, certains parents haïtiens n’aiment pas envoyer leurs enfants à l’école le premier jour de classe, suivant leurs croyances. Ils attendent un ou deux jours et parfois même une semaine, justifie-t-il.

Par ailleurs, le lundi 10 août 2020, des syndicats d’enseignantes et enseignants dans le secteur public ont gagné les rues, entre autres, aux Cayes (département du Sud), à Port-au-Prince (département de l’Ouest), devant l’un des locaux du Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (Menfp), ainsi que dans la commune de Saint-Marc (département de l’Artibonite).

Objectifs du mouvement des professeurs, le lundi 10 août 2020 : dénoncer l’absence de conditions appropriées, y compris sanitaires pour la réouverture officielle des classes dans les lycées et écoles nationales, sur le territoire national, réclamer une augmentation de leurs traitements, des cartes de débit pour enseignantes et enseignants dans le secteur public, la nomination de celles et de ceux qui sont en situation irrégulière et le paiement des arriérés de traitements des enseignantes et enseignants. [mj emb rc apr 11/08/2020 15:20]