Perspectives

Haïti-Politique : La Cnoha appuie les mouvements revendicatifs contre le nouveau directeur général de l’Ed’h, Michel Présumé


jeudi 30 juillet 2020

P-au-P, 30 juill. 2020 [AlterPresse] --- La Coordination nationale des ouvrières et ouvriers haïtiens (Cnoha) dit appuyer les mouvements revendicatifs des employés et des membres de la Fédération des syndicats des travailleurs de l’Électricité d’Haïti (Festredh), contre la nomination de Michel Présumé comme nouveau directeur général de cette institution publique.

« Cette bataille, que vous menez, est celle du peuple haïtien et des masses défavorisées », clame l’organisation syndicale, en soutien aux employés protestataires, dans un communiqué en date du mercredi 29 juillet 2020, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Depuis plusieurs semaines, ces employés protestataires demandent au président Jovenel Moïse de remplacer Michel Présumé à la tête de l’Électricité d’Haïti (Ed’h).

« Aucun dialogue n’est possible avec Michel Présumé, un des bourreaux des travailleurs haïtiens. Nous demandons à Jovenel Moïse de le remplacer à la tête de l’Électricité d’Haïti (Ed’h) », souhaite la Cnoha.

Le nouveau directeur, nommé à l’Électricité d’Haïti, n’aurait pas une réputation de bon citoyen, dit-elle.

La Coordination nationale des ouvrières et ouvriers haïtiens invite les protestataires à dénoncer la visite, le lundi 27 juillet 2020, à l’Ed’h, du premier ministre Joseph Jouthe, pour informer les employés et les membres du syndicat qu’une firme étrangère de la Turquie viendra offrir le courant électrique à Haïti, à travers l’Ed’h, sans appel d’offre.

Depuis sa nomination, le lundi 6 juillet 2020, le nouveau directeur général Michel Présumé fait l’objet de vives protestations par des employés et des membres du syndicat de l’Ed’h, qui l’accusent d’avoir privatisé la Téléco.

Des agents du Corps d’intervention et de maintien d’ordre (Cimo) de la Police nationale d’Haïti (Pnh) ont été envoyés, le jeudi 23 juillet 2020, au siège central de l’Ed’h, dans le but d’empêcher la mise à exécution d’un plan, qui viserait à incendier l’entreprise, selon le titulaire du Ministère des travaux publics, transports et communications, Nader Joiséus.

Cette situation de protestation a rendu plus complexe le rationnement drastique du courant électrique dans le pays, notamment dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, qui est sévèrement affectée, regrette l’Office de la protection de la citoyenne et citoyen (Opc), dans une note de presse en date du lundi 27 juillet 2020.

Ce black-out favorise la remontée du phénomène du banditisme et pénalise les petites et moyennes entreprises, la branche de la communication (radios, télévisions, médias en ligne) et surtout les centres hospitaliers, dont les conditions de fonctionnement deviennent très difficiles depuis l’apparition de la pandémie de Covid-19 (le nouveau coronavirus) dans le pays, relève l’Opc.

Toutefois, l’Office de la protection de la citoyenne et du citoyen dit reconnaître le droit à la contestation comme un droit humain.

Il invite le syndicat des employés de l’Ed’h à éviter, dans leurs mouvements revendicatifs, toutes infiltrations, en vue de barrer la route à toutes formes de violences ou de pratiques, qui viseraient à saboter les matériels et les réseaux de l’Électricité d’Haïti.

Les autorités du pouvoir central doivent faire preuve d’esprit d’ouverture et de dépassement de soi pour trouver, dans la sérénité, une solution rapide au problème, que traverse l’Électricité d’Haïti, dans l’intérêt de la population, souhaite l’Office de la protection de la citoyenne et du citoyen. [mj emb rc apr 30/07/2020 15:30]