Reportage photo : Haïti / Nouveau sit-in des secteurs sociaux contre la vie chère

P-au-P., 28 mai 05 [AlterPresse] --- Des organisations sociales persistent, à travers des sit-in hebdomadaires devant le ministère du commerce à Port-au-Prince, à exiger la baisse du prix de l’essence à la pompe, en vue d’une diminution des prix des produits de premières nécessités.

Ce 27 mai, des membres d’associations féministes, enseignantes, syndicales, paysannes et de diverses autres structures associatives ont exposé devant ce ministère, rebaptisé par eux « ministère de la vie chère » des produits de premières nécessités, accompagnés de leurs prix.

Les participants au sit-in ont insisté sur l’incidence négative de l’augmentation des prix du mais, du riz, du pois, de l’huile et du charbon sur le quotidien des couches défavorisées.

Sous le regard vigilant de la police, les protestataires ont présenté un tableau de l’évolution des prix des produits pétroliers par gallon de la période allant de septembre 2000 à ce jour. Selon ce tableau, la gazoline 95 octane passe de 37,00 gourdes à 143 gourdes, la gazoline 91 octane, de 33,50 gourdes à 128,00 gourdes, le gasoil, de 22,50 gourdes à 85,00 gourdes et le kérosène de 18,00 gourdes à 84,00 gourdes. (1 dollar équivaut à environ 38 gourdes)

« Les masses populaires ne peuvent plus tenir avec le coût exorbitant de la vie » a déclaré Camille Charlmers de la Plateforme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA). Il a invité les autorités du gouvernement intérimaire à faire une gestion rationnelle de l’administration fiscale en améliorant les mécanismes de taxation et en révisant à la baisse le prix des produits pétroliers.

En plus de l’exposition des produits, une pièce de théâtre a été présentée en pleine rue par des étudiants de l’Université d’Etat d’Haïti afin de dénoncer des pratiques du gouvernement et de l’élite économique, considérés comme principaux responsables de la cherté de la vie. Ils ont parlé d’ « Etat caméléon », ou d’ « Etat de commission ». En Haïti « on importe tout, même le premier ministre » ont-ils martelé, faisant référence au chef de gouvernement Gérard Latortue, qui a une résidence permanente à Miami, aux Etats-Unis.

Josué Vaval, étudiant en psychologie de la Faculté des Sciences Humaines, a appelé à la mobilisation générale des couches les plus démunies du pays pour obliger le gouvernement à prendre en compte leur requête.

La plupart des participants ont fait entendre le bruit de leurs assiettes vides pour réclamer du gouvernement « de quoi manger pour apaiser notre faim ».

Turnep Delpé du Parti National Démocratique Populaire Haïtien (PNDPH) a assisté au déroulement du sit-in afin d’apporter son « soutien » à l’initiative. Le PNDPH fait partie d’une coalition qui réclamait, il y a quelques mois, la démission du premier ministre. [fl gp apr 28/05/05 14:00]