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Haïti-Politique : Le commissaire du gouvernement près le tribunal civil de Port-au-Prince, Me. Jacques Lafontant, démissionne, après un blâme de son ministre de tutelle


mercredi 22 juillet 2020

P-au-P, 22 juill. 2020 [AlterPresse] --- Le commissaire du gouvernement ad intérim près le tribunal civil de Port-au-Prince, Me. Jacques Lafontant, a remis sa démission, en date du 22 juillet 2020, au titulaire du Ministère de la justice et la sécurité publique (Mjsp), Me. Rockfeller Vincent, suite à une lettre de blâme, selon les informations obtenues par l’agence en ligne AlterPresse.

La démission de Lafontant fait suite à une lettre de blâme, qui lui a été adressée par Vincent, dans laquelle le nouveau titulaire de la justice (installé le vendredi 10 juillet 2020), reproche à Lafontant son refus de faire appel contre une ordonnance rendue par le cabinet d’instruction, dans le dossier d’un ancien député de la 49e législature, Arnel Bélizaire, arrêté le 30 novembre 2019 à l’entrée de la ville de Jacmel (Sud-Est d’Haïti).

Rockfeller Vincent aurait fait comprendre à Jacques Lafontant que « son statut de subalterne l’obligerait d’exécuter tous les ordres, pourvu qu’ils ne soient pas manifestement illégaux ».

Dans sa lettre de démission, Me. Jacques Lafontant a fait référence à un ensemble de reproches visant Vincent, notamment lorsque ce dernier occupait la fonction de commissaire près le tribunal civil de première instance du Cap-Haïtien (Nord), en 2006.

« Maître Rockfeller Vincent, ancien commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance du Cap-Haïtien, a été indexé, en 2006, dans un éclaboussant scandale de libération de grands criminels, à qui on reprochait des faits de viols, d’assassinats et d’enlèvements suivis de séquestration contre rançons », avait rappelé le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh).

Rockfeller Vincent a été révoqué, le 21 septembre 2017, de l’appareil judiciaire pour absence de performance, puis réintégré à titre de commissaire en chef de la Cour d’appel de Port-au-Prince, avant d’être nommé, le mercredi 23 janvier 2020, à la tête de l’Unité de lutte contre la corruption, en remplacement de Me. Claudy Gassant, nommé par arrêté présidentiel, publié le vendredi 29 novembre 2019.

Début mai 2020, Le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) a condamné les actes d’intimidation et de persécution, qui seraient orchestrés par l’Unité de lutte contre la corruption (Ulcc) à son endroit.

Le « surprenant » avis de recherche de l’Ulcc, émis à l’encontre de l’administratrice de l’organisation, Marie Gesly Damas Jean-Pierre, constitue « un acte de lâcheté, d’intimidation et de persécution », estime le Rnddh, soulignant combien la concernée a adressé, le 4 mai 2020, au directeur de l’Ulcc, Me. Rockfeller Vincent, un document contestant la convocation de l’Ulcc. [emb rc apr 22/07/2020 15:00]