A travers Haiti

Santé/Genre : La pandémie de Covid-19 à l’origine d’une augmentation des cas de violences sexuelles et physiques sur les femmes et les filles, dans le Nord-Est d’Haïti


mardi 14 juillet 2020

Ouanaminthe et Jérémie (Haiti) 13 juill. 2020 [AlterPresse] --- La pandémie de Covid-19 (le nouveau coronavirus) provoquerait une augmentation des cas de violences sexuelles et physiques sur les femmes et les filles dans le département du Nord-Est d’Haïti, relève l’assistante-coordinatrice au Bureau départemental du Ministère à la condition féminine et aux droits des femmes (Mcfdf) dans le Nord-Est, Joseny Jean Ferdinand, qui intervenait, ce lundi 13 juillet 2020, à l’émission FwoteLide sur AlterRadio 106.1 Fm.

« Nous faisons des efforts au Bureau départemental du Mcfdf, pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux filles. Mais, pendant la pandémie de Covid-19, la situation a dégénéré », fait-elle savoir.

Les enfants échappent de plus en plus au contrôle de leurs parents.

Dans les cas de violences sexuelles, des parents racontent avoir surpris des hommes dans leurs maisons avec leurs enfants, en revenant de leurs travaux dans les plantations. D’autres avouent qu’ils passent des jours sans voir leurs enfants.

Les violences physiques contraignent les femmes à porter plainte chaque jour.

Le samedi 11 juillet 2020, une femme est venue porter plainte contre son mari, qui lui a arraché deux dents.

La victime, qui revenait du marché public, aurait reçu une gifle, au moment où elle réprimandait son mari, qui n’avait pas donné à manger à ses enfants.

Ces violences sur les femmes et filles augmentent fortement dans le département du Nord-Est, où jusqu’à 5 cas sont enregistrés par jour, au niveau du Bureau départemental du ministère à la condition féminine.

La pandémie de Covid-19 a augmenté les risques des violences basées sur le genre, renchérit, pour sa part, Hervé Longchamp, coordonnateur des Centres pour le développement et la santé (Cds), qui participait également, ce lundi 13 juillet 2020, à l’émission FwoteLide, sur AlterRadio 106.1 Fm.

La majorité des personnes, qui sont confrontées à des situations de violences, ne bénéficient pas toujours du support psychologique. Les prestataires de soins ont souvent tendance à négliger cet aspect dans la prise en charge des victimes, regrette Longchamp.

Les femmes enceintes revenant de la République Dominicaine n’ont pas eu la possibilité d’aller à l’hôpital pendant cette crise de Covid-19, indique, de son côté, Kensy Flécher, coordonnateur poste-frontière et du centre de quarantaine à Ouanaminthe.

La pandémie de Covid-19, un grand désastre sur l’éducation

La pandémie de Covid-19 a provoqué un désastre mondial sur l’éducation, évalue, pour sa part, l’ex-sénateur Maxime Roumer, qui occupe le poste de recteur à l’Université Nouvelle Grande Anse (Unoga), à Jérémie, intervenant, ce lundi 13 juillet 2020, à l’émission FwoteLide, sur AlterRadio 106.1 Fm.

« Ce qui se passe aujourd’hui constitue un désastre mondial sur l’éducation, particulièrement sur l’Université et l’école supérieure ».

Ces conséquences affectent encore plus les pays, qui n’ont pas de réseau Internet suffisant, spécialement dans les zones les plus pauvres ainsi que dans les zones rurales de certains pays.

Cette « catastrophe » sanitaire fait suite à une série de catastrophes naturelles, comme les cyclones, les tremblements de terre ainsi que les troubles sociopolitiques dans le pays, rappelle-t-il.

Le professeur Maxime Roumer déplore, chez la population, l’absence d’une mémoire institutionnelle des catastrophes, pour pouvoir se rappeler ce qui s’est passé.

« Notre population vit au jour le jour. En ce sens, il lui est difficile de se défendre face à ces types de situations ». [mj emb rc apr 13/07/2020 19:30]