Perspectives

Société : Mise en garde de plusieurs organisations politiques contre les velléités unilatérales de Jovenel Moïse de changer les mœurs en Haïti


jeudi 9 juillet 2020

P-au-P, 09 juil. 2020 [AlterPresse] --- Des partis et organisations politiques de l’opposition appellent les différents secteurs de la vie nationale à construire la plus large expression possible contre la volonté unilatérale du président de la république, Jovenel Moïse, de changer, sans débat, les grandes orientations de la société en Haïti.

Dans le décret de code pénal, rendu public illégalement, le 24 juin 2020, par Jovenel Moïse, dans le journal officiel de la republique « Le Moniteur », nombreuses sont les dispositions, qui remettent en question l’essence des valeurs morales et culturelles de la société haïtienne.

C’est ce que relèvent l’Organisation du peuple en lutte (Opl), le Secteur dit démocratique et populaire, les partis politiques Verite, Veye yo, Inifòs, la Fusion des socio-démocrates (Fusion), le Mouvement chrétien pour une nouvelle Haïti (Mochrena), Ayiti an aksyon (Aaa), entre autres, dans une prise de position conjointe, en date du mardi 7 juillet 2020, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Ces organisations politiques déplorent la démarche de légalisation de l’avortement sans débat préalable, « alors que, pour ce sujet de cette importance, il faudrait une législation spécifique, embrassant le problème dans toute sa complexité ».

Elles évoquent aussi la réduction de la majorité sexuelle, qui serait désormais établie à 15 ans, malgré la disposition constitutionnelle la fixant à 18 ans.

Il s’agit là d’une volonté d’encourager les détournements de mineures et de mineurs, et de décriminaliser la pédophilie, estiment-elles.

Plusieurs points ont été modifiés et ajoutés dans le décret illégal de code pénal.

L’inceste y a été dépénalisé, la zoophilie devrait être maintenant reconnue comme pratique admissible, sans oublier la prostitution infantile, la libéralisation de la consommation de l’alcool chez les mineures et mineurs, ainsi que l’homosexualité.

Il faut tout faire pour contrer les dérives du pouvoir, qui ne connaît pas de limites, dans son refus de probité, et également combattre le président de la république qui, dans son entêtement, outrepasse ses pouvoirs et conduit le pays à la ruine, encouragent ces organisations et partis politiques, qui disent appuyer la position des organisations sociales, en général, et de celle du secteur religieux, en particulier.

La Fédération protestante d’Haïti (Fph) a aussi rejeté plusieurs articles du décret de code pénal.

Les articles, insérés dans le décret de code pénal et qui violent la Constitution haïtienne et le code civil du pays, sont contraires aux mœurs et à la culture de la société haïtienne, critique la Fph.

Pour sa part, le président du reste du sénat (depuis le 13 janvier 2020), Pierre François Sildor, déclare condamner la publication des différents décrets de Jovenel Moïse, sans aucune consultation auprès du reste des sénateurs.

Les articles du décret de code pénal, liés à l’avortement, à l’âge de la majorité et à l’orientation sexuelle, entre autres, dérangent la population, selon le parlementaire.

De leur côté, d’anciens députés de l’opposition de la 50e législature expriment leurs inquiétudes par rapport à la façon, dont Jovenel Moïse gère le pays.

Ces ex-parlementaires déplorent l’aggravation des mauvaises conditions de vie de la population et le manque caractérisé de compétences de Jovenel Moïse. [mj emb rc apr 09/07/2020 11:20]