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Criminalité : Il faut « mettre un terme à l’impunité, l’un des principaux facteurs de violence et de destruction du tissu social » en Haïti, reconnaît le Binuh


vendredi 3 juillet 2020

P-au-P, 03 juil. 2020 [AlterPresse] --- La lutte contre l’impunité constitue une condition sine qua non, pour prévenir et répondre aux violences contre la population, déclare le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh), dans un communiqué dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Très critiqué ces dernières semaines, pour « ses ingérences » et « son support » aux autorités, vivement dénoncées dans divers scandales de corruption et qui mettent des blindés au services des gangs (qui leur sont redevables) pour des opérations punitives, dans différents quartiers populaires à Port-au-Prince, le Binuh affirme, aujourd’hui, exprimer ses inquiétudes, face à la multiplication des actes de violences et de barbarie, perpétrés dans les quartiers de la zone métropolitaine de Port-au-Prince.

Dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, les attaques se sont intensifiées contre la population, ces dernières semaines. Il y a eu au moins 6 morts, 12 blessés par balles, l’incendie de 70 maisons ainsi que de graves allégations de viols, relève le Binuh.

Ce bilan du Binuh ne fat nullement mention du nombre d’au moins 54 personnes, assassinées, pour les seuls mois de mai et de juin 2020, un ensemble de cas documentés, rassemblés, le 29 juin 2020, par le Réseau national de défense de droits humains.

Le Binuh n’évoque pas, non plus, les alliances officielles des gangs avec le régime tèt kale au pouvoir, traduisant « un effort d’organisation des gangs armés en milice », une situation de « terreur dans les quartiers populaires, au cœur d’une stratégie électorale macabre », comme le révèle un rapport d’enquête, en date du 22 juin 2020, de l’organisme de droits humains Fondasyon je klere (Fjkl) sur les violences armées, perpétrées les dimanche 24, lundi 25 et mardi 26 mai 2020 au Pont Rouge.

Cependant, dit le Binuh, ces attaques aggravent aussi davantage la situation de vulnérabilité des gens, qui fuient ces zones vers d’autres quartiers.

Le Bureau intégré des Nations unies en Haïti demande l’ouverture d’une enquête sur les violences, commises récemment contre les habitantes et habitants de Pont Rouge et de Cité Soleil (au nord de Port-au-Prince), de Martissant (périphérie sud de la capitale), ainsi que celles ayant visé les populations de La Saline en 2018 et Bel Air en 2019.

« Leurs auteurs et complices doivent être identifiés, arrêtés et poursuivis par les autorités policières et judiciaires, à travers des enquêtes justes et équitables », souhaite le Binuh, appelant les autorités haïtiennes à prendre toutes les actions nécessaires, en vue de protéger la population.

Le Bureau intégré des Nations unies en Haïti exhorte les autorités à renforcer la présence des institutions étatiques et des forces de l’ordre, dans les zones marquées par la violence, en assurant la sécurité de toutes et de tous, et en permettant ainsi aux personnes déplacées de regagner en toute sécurité leurs quartiers.

« Il est primordial de mettre un terme à l’impunité, qui constitue l’un des principaux facteurs de violence et de destruction du tissu social ». [mj emb rc apr 03/07/2020 12:50]