Perspectives

Haïti-Insécurité : Le Rnddh demande aux autorités de cesser de protéger les gangs armés

136 personnes assassinées, de novembre 2018 à décembre 2019, par des gangs armés proches du régime politique au pouvoir
jeudi 25 juin 2020

Du 23 au 27 mai 2020, 34 personnes ont été tuées, dont 3 mineurs et 6 femmes, suite aux attaques de gangs armés au service du pouvoir, orchestrées à Pont Rouge, Nan Brooklyn, Chancerelles, Fort Dimanche, à Nan Tokyo et au camp accueillant les personnes à capacités réduites situé sur l’ancienne piste de l’aviation, à Port-au-Prince.

Au moins 98 maisonnettes ont été vandalisées et/ou incendiées.

P-au-P, 25 juin 2020 [AlterPresse] --- Le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) recommande aux autorités concernées de mettre fin à la protection des gangs armés, dans un rapport publié le 23 juin 2020, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Le Rnddh souhaite également une enquête sur les connivences entre des agents de la Police nationale d’Haïti (Pnh) et les gangs armés, ainsi que sur les liens qui existent entre l’ancien policier national Jimmy Chérizier alias Barbecue et certains policiers faisant partie d’unités spécialisées (Corps d’intervention et de maintien d’ordre / Cimo, Unité départementale de maintien d’ordre / Udmo, Unité de sécurité générale du palais national / Usgpn, Brigade d’opération et d’intervention départementale / Boid) de la Pnh.

Assurer la sécurité des personnes vivant dans les quartiers défavorisés, prendre les sanctions qui s’imposent contre tous agents de la Pnh, qui protègent Jimmy Chérizier, enquêter sur les liens qui existent entre Chérizier et certains policiers affectés au sous-commissariat de Delmas 3, sont parmi les recommandations formulées par le Réseau national de défense des droits humains.

De novembre 2018 à décembre 2019, 136 personnes ont été assassinées par des gangs armés proches du pouvoir, à La Saline et à Nan Tokyo, située au bas de Delmas 2, dans le but d’avoir le contrôle de ces quartiers, relève le rapport du Rnddh.

11 femmes et filles ont subi des viols collectifs, tandis que plus de 7 personnes sont portées disparues.

De nombreuses maisons ont été également vandalisées et incendiées.

A Nan Tokyo, au moins quatre (4) attaques meurtrières ont été enregistrées, sous les ordres de Jimmy Chérizier, alias Barbecue et de Serge Alectis alias Ti Junior, proches du pouvoir en place.

Du 23 au 27 mai 2020, 34 personnes ont été tuées, dont 3 mineurs et 6 femmes, suite aux attaques de gangs armés au service du pouvoir, orchestrées à Pont Rouge, Nan Brooklyn, Chancerelles, Fort Dimanche, à Nan Tokyo et au camp accueillant les personnes à capacités réduites situé sur l’ancienne piste de l’aviation, à Port-au-Prince.

10 personnes ont été aussi blessées par balles.

A Pont Rouge, Judeline Savoir, 3 ans, a reçu 4 balles, dont une à chaque main, une à la cuisse droite et une autre au ventre.

Au moins 98 maisonnettes ont été vandalisées et/ou incendiées.

Les riveraines et riverains, interrogés par le Réseau national de défense de droits humains, assimilent ces attaques « à une volonté des autorités au pouvoir de contrôler politiquement les territoires attaqués, à des fins électoralistes, avec l’aide de gangs armés ».

Jimmy Chérizier est souvent à l’intérieur des blindés de la Pnh, en compagnie d’unités spécialisées, selon des témoignages recueillis par le Rnddh.

9 nouveaux chefs de gangs armés (G9) ont été installés par Serge Alectis alias Ti Junior, Micanor Altes alias Wa Mikanò et Jimmy Chérizier, dans différents quartiers fraîchement conquis par ces derniers.

Le Réseau national de défense de droits humains se dit préoccupé « par la mise en place du G-9, avec la complicité et la bénédiction des autorités étatiques et sous le regard passif du Conseil supérieur de la police nationale (Cspn) », dans son rapport.

Les attaques armées pourraient s’intensifier « notamment en raison du fait que le président de la république Jovenel Moïse et son gouvernement veulent à tout prix réaliser les élections dans le pays », craint l’organisme de droits humains. [emb rc apr 25/06/2020 10:35]