Développement durable

Covid-19 : Vers une plus grande utilisation des téléphones portables dans les transactions des coopératives en Haïti

Possibilités d’opérer des transferts via le téléphone mobile à travers Kès pa m
mardi 23 juin 2020

P-au-P, 22 juin 2020 [AlterPresse] --- La crise de la pandémie de Covid-19 (le nouveau coronavirus) pousserait les gens à utiliser davantage les téléphones portables dans la branche des coopératives, anticipe Nonais Dérisier Saincelair, consultant et militant dans le mouvement des coopératives.

« On ne connaît pas les changements que le coronavirus va porter à travers le monde et en Haïti. Mais, il est clair que des pratiques vont changer et accélérer, notamment, la digitalisation, le numérique », pense Saincelair, qui s’exprimait, ce lundi 22 juin 2020, à l’émission FwoteLide sur AlterRadio 106.1 F.m

Les personnes vont aussi utiliser davantage les téléphone cellulaires pour n’importe quelles transactions.

Depuis quelques temps, l’Association nationale des caisses populaires haïtiennes (Anacaph) travaille sur les possibilités d’opérer des transferts via le téléphone mobile à travers Kès pa m, un mobile banking à travers lequel une personne pourra ouvrir un compte, faire des transferts ou acheter.

La Koperativ tèt ansanm pou lavi miyò (Kotelam), également partie prenante de Kès pa m, cherche aussi à expérimenter une carte de débit pour permettre à ses sociétaires de faire des retraits, via des Atm (Automated teller machines = distributeurs automatiques de billets), sans être obligés d’aller dans un bureau de Kotelam.

Nonais Dérisier Saincelair met en garde contre les grandes entreprises internationales, qui contrôlent le marché et profiteraient de la technologie pour s’enrichir.

Il dit espérer que le coût de la solution digitale, qui sera mise en place dans le milieu populaire haïtien, pour faire l’inclusion financière, ne sera pas trop élevé pour la population.

Certaines personnes pensent que la population sera réticente à ce changement. Mais, elle va quand même s’adapter à quelques principes, affirme-t-il.

Par ailleurs, le moratoire de 3 mois, sollicité, en mars 2020, par la Banque centrale (Banque de la république d’Haïti / Brh) auprès des créancières et créanciers, en faveur des débitrices et débiteurs, aurait, de préférence, fragilisé les institutions de prêts.

Beaucoup de gens ont, à leur tour, demandé un moratoire. Les caisses populaires, qui vivaient de ces fonds, sont alors pénalisées. De plus, il n’est pas certain que ces personnes arriveront à rembourser leurs prêts, à l’échéance des 3 mois accordés.

Dans certains pays, l’État met des moyens financiers à disposition, au profit des coopératives, alors qu’en Haïti le gouvernement demande aux gens de ne pas payer, critique Saincelair, estimant que cela ne va pas résoudre le problème. [mj emb rc apr 22/06/2020 19:25]