A travers Haiti

Haïti-Agriculture : Les productrices et producteurs affectés par la baisse du prix du café, en période de Covid-19


mardi 23 juin 2020

Thiotte (Haïti), 22 juin 2020 [AlterPresse] --- Les planteuses et planteurs sont très touchés par la baisse du prix du café, sur le marché national et international, pendant la pandémie de Covid-19 (le nouveau coronavirus).

« Le nouveau coronavirus a provoqué un dérangement total. Cette situation a poussé clientes et clients à réviser à la baisse le prix d’achat du café, au niveau international », regrette Pétuel Azor, président de la Coopération des coopératives de planteurs de café dans l’arrondissement de Belle-Anse (Coopcab) qui regroupe sept coopératives de Thiotte, dans le Sud-Esst d’Haiti.

Le prix d’un conteneur de café, qui coûte à peu près 95 à 96 mille dollars (Ndlr : US $ 1.00 = 117.00 gourdes ; 1 euro = 136.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 2.10 gourdes aujourd’hui), provoque une perte de plusieurs milliers de dollars, selon Azor qui intervenait, ce lundi 22 juin 2020, à l’émission FwoteLide sur AlterRadio 106.1 F.m.

Une situation, qui pousse clientes et clients à résilier leurs contrats, et des coopératives à liquider leur café sur le marché local à un prix très dérisoire, explique Pétuel Azor.

Suite à la diminution du prix du café, sur le plan international et même au niveau local, des productrices et producteurs ont coupé les caféiers. Ils se tournent vers d’autres cultures maraîchères.

Toutefois, grâce aux efforts de la Coopcab, la production est passée aujourd’hui à 30 conteneurs de café par année, se réjouit-il.

Auparavant, Thiotte avait une potentialité de produire 250 sacs de 60 kilos de café par année.

Il faut de nouvelles stratégies pour élargir le marché national, estime la Coopcab, qui invite les autorités à subventionner les engrais pour la production du café.

« L’État devrait mettre des fonds à disposition, pour que les coopératives parviennent à se remembrer », souhaite, pour sa part, Lionel Fleuristin du Konsèy nasyonal finansman popilè (Knfp).

Ces structures arrivent à collecter 236 millions de gourdes. Cet argent est investi dans l’élevage, le commerce pour les femmes, ainsi que dans des mutuelles pour les semences, souligne le Knfp. [mj emb rc apr 22/06/2020 18:50]