A travers Haiti

Agriculture/Santé : La sécheresse et la pandémie de Covid-19 rendent plus vulnérables les paysans en Haïti, alertent des organisations sociales


vendredi 19 juin 2020

Les Cayes (Haïti), 18/6/2020 --- Les paysannes et paysans haïtiens deviennent, de plus en plus, vulnérables, face à la sécheresse et à la pandémie de Covid-19 (le nouveau coronavirus), signalent des organisations sociales, interrogées par AlterRadio/AlterPresse.

La sécheresse affecte grandement la paysannerie haïtienne. Les productrices et producteurs ont perdu leurs récoltes. De plus, la crise sanitaire, qui paralyse les importations, s’ajoute à cette situation. Ce qui rend les paysannes et paysans encore plus vulnérables.

Cela fait plus de 6 mois que le Grand Sud du pays, impliquant les départements des Nippes et de la Grande Anse (Sud-Ouest), ainsi que du Sud, est touché par la sécheresse, relate l’ingénieur-agronome William Denis, coordonnateur de l’Agence de promotion pour le développement intégré (Aprodi), qui intervenait à l’émission FwoteLide sur Alterradio 106.1 Fm.

Beaucoup de pertes de récoltes d’haricots et de maïs sont enregistrées, dans ce contexte de crise sanitaire mondiale, à laquelle font face paysannes et paysans, productrices et producteurs, évoque l’Aprodi.

Les communes de Roche-à-Bateau, Port-à-Piment, les Côteaux, Saint-Louis du Sud, Cavaillon, Aquin, entre autres, sont les plus touchées dans le département du Sud.

Les communes de Beaumont, Corail, Pestel, Jérémie, Abricots, Anse-d’Hainault sont les plus affectées dans le département de la Grande Anse.

Le système agroforestier, pratiqué dans ces communes, a quelque peu diminué les impacts de la sécheresse dans le département du Sud.

Plusieurs organisations internationales interviennent dans le Sud et dans la Grande Anse, en vue d’améliorer la vie de la population.

Malheureusement, l’impact de ces projets dans la réalité n’est pas durable, car il n’y a pas eu de suivis à ce niveau, au profit des plantations.

« Il ne faut pas seulement cultiver les plantes, mais assurer les suivis nécessaires pour un minimum de 4 à 5 ans », conseille l’Aprodi.

L’Agence de promotion pour le développement intégré estime insuffisante l’aide internationale, qui peut seulement apporter une amélioration, mais non aider à résoudre les problèmes des communautés paysannes.

La résolution des problèmes agricoles passe par la mise en place d’un plan, tout en prenant en compte les besoins des communautés.

L’Aprodi exige une réforme au niveau de la méthodologie des projets de reboisement, tout en tenant compte de l’aspect social dans le processus.

« Il faut arriver à mettre ces communautés au cœur de ces projets et leur permettre de participer grandement dans ces activités », recommande-t-elle.

La pauvreté de la population la contraint à déboiser son environnement.

L’Aprodi préconise de mettre en œuvre des projets durables pour la population rurale, en mettant en synergie les ministères de l’environnement et de l’agriculture.

Rejetant la part du budget national accordée aux ministères de l’environnement et de l’agriculture, l’Aprodi plaide en faveur de l’accompagnement des productrices et producteurs, de la conservation de l’eau, du sol et de la régénération de la couverture végétale. [mj emb rc apr 17/06/2020 19:20]