Santé/Covid-19 : Des statistiques précises sur la situation des personnes handicapées, exige l’Union des femmes à mobilité réduite d’Haïti

P-au-P, 17 juin 2020 [AlterPresse] --- L’Union des femmes à mobilité réduite d’Haïti (Ufmorh) exhorte les autorités sanitaires à communiquer les statistiques précises sur la situation des personnes handicapées, qui seraient atteintes de Covid-19 (le nouveau coronavirus).

Il nous faut des informations sur le nombre de personnes handicapées infectées, mortes et récupérées de la pandémie de Covid-19, précise Junie Samantha Pierre, responsable administrative au sein de l’Union des femmes à mobilité réduite d’Haïti, qui intervenait, ce mercredi 17 juin 2020, à l’émission FwoteLide sur AlterRadio 106.1 Fm.

Ces informations permettraient de voir quels traitements sont accordés à cette catégorie et si ces personnes handicapées ont reçu des services discriminatoires par rapport à leurs handicaps.

L’Ufmorh appelle l’État à prendre en compte leurs cris d’alarme, en mettant en place des structures adaptées, dans les hôpitaux, pour les personnes handicapées et en répondant à leurs besoins intégraux.

Les femmes handicapées subissent diverses formes de discriminations, notamment dans leurs familles où elles sont rejetées, sans accès à l’éducation, mais assignées aux tâches domestiques, dénonce-t-elle.

Leurs handicaps représentent souvent des barrières, qui ne leur permettent pas de décrocher des emplois, constate l’Union des femmes à mobilité réduite d’Haïti, qui désapprouve les propos blessants et toutes formes de discriminations, dont sont l’objet les personnes handicapées, à travers les rues et dans les écoles.

La crise sanitaire liée au Covid-19 augmente la violence sur les femmes handicapées.

Leurs tâches domestiques ont augmenté, car, depuis mars 2020, elles sont davantage restées confinées à la maison, sans pouvoir échapper aux violences familiales.

Leur situation d’insécurité alimentaire s’est également aggravée, à cause de la perte de leurs emplois, due au nouveau coronavirus.

Dans le budget rectificatif 2019-2020, le gouvernement de facto a retiré 5 millions de gourdes (Ndlr : US $ 1.00 = 117.00 gourdes ; 1 euro = 136.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 2.10 gourdes aujourd’hui) dans le budget du Bureau des personnes handicapées.

Auparavant, le bureau des personnes handicapées disposait seulement de 45 millions de gourdes, pour répondre aux besoins de ces personnes, déplore Junie Samantha Pierre de l’Union des femmes à mobilité réduite d’Haïti, qui souligne une absence d’attention de l’État pour cette catégorie.

Certaines personnes handicapées dépendent de leurs parents, d’autres vivent aux dépens de leurs amies et amis, confie, pour sa part, Rose Dinette Josephe, vice-présidente de l’Association des femmes handicapées du Sud (Afhs).

L’Afhs demande un appui psychologique et économique pour les personnes handicapées, devenues plus vulnérables par rapport à la crise sanitaire.

Ces gens n’ont pas vraiment bénéficié de la distribution de kits alimentaires. Certains ont très peur de l’impact de la maladie. Des appuis psychologiques sont nécessaires, insiste l’Afhs.

L’Association des femmes handicapées du Sud demande aux autorités de mettre à disposition, au profit des femmes handicapées, des moyens au niveau sanitaire, car elles sont méprisées dans les hôpitaux.

Aucun cas de Covid-19 n’a été recensé, à date (17 juin 2020), au sein de l’association, qui regroupe 107 femmes environ, issues de différentes villes du département du Sud.

L’Afhs indique avoir procédé à des campagnes de sensibilisation et de distribution de masques de protection. [mj emb rc apr 17/06/2020 15:40]