Haïti-Santé : Nécessité de faire fonctionner le système judiciaire par visioconférence, face aux risques élevés d’infection au Covid-19

P-au-P, 03 juin 2020 [AlterPresse] --- Le Réseau national des magistrats haïtiens (Renamah) propose le travail par visioconférence, pour les personnels du système judiciaire, par rapport aux risques élevés de contamination à la pandémie de Covid-19 (le nouveau coronavirus) dans les tribunaux en Haïti.

Le projet a été soumis aux autorités, notamment au Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (Cspj) et au Ministère de la justice et de la sécurité publique (Mjsp), afin d’analyser les possibilités d’institutionnaliser la visioconférence dans les procédures judiciaires, fait savoir le président du Renamah, Ikenson Edumé, qui s’exprimait, ce mercredi 3 juin 2020, à l’émission FwoteLide sur AlterRadio 106.1 Fm.

« La pandémie du nouveau coronavirus a frappé le système judiciaire haïtien de même que les autres systèmes. Au niveau du Renamah, nous avons estimé nécessaire de regarder les choses sous un autre angle. C’est pourquoi nous avons proposé un mode opératoire, qui pourrait permettre aux juges de travailler chez eux ».

« Dès l’apparition de la pandémie de Covid-19 en Haïti, le Renamah envisageait comment protéger les magistrats, qui sont aussi vulnérables, au même titre que les détenus et tous les personnels judiciaires, qui ont l’obligation de travailler, même en période difficile », renchérit, pour sa part, Lucien Georges, secrétaire général du Renamah.

Plusieurs autres pays, dont la France, le Canada ainsi que des pays d’Afrique, ont utilisé des moyens pour permettre à la justice de continuer à fonctionner, dans n’importe quelles circonstances.

Le Palais de justice de Port-au-Prince est fermé actuellement, à cause d’une suspicion, sur un cas de décès au Covid-19 d’un employé du tribunal, indique le Renamah, tout en avançant ne détenir aucune information d’un cas avéré de juges atteints du virus de Covid-19.

Le Réseau national des magistrats haïtiens déplore l’absence de matériels d’appoint, dans les tribunaux de paix de première instance et dans les Cours d’appel, en dépit des appels lancés, en ce sens, aux responsables de la justice.

Le pouvoir n’a pas montré de capacités pour pouvoir organiser des vidéos conférences, constate, de son côté, le secrétaire exécutif de la Plateforme des organisations haïtiennes de défense des droits humains (Pohdh), Alermy Pierrevilus qui intervenait, également à l’émission FwoteLide du 3 juin 2020.

Il y a un ensemble de pistes,, qui pourrait être exploitées pour permettre à la justice de fonctionner en ces temps de Covid-19, fait valoir la Plateforme des organisations haïtiennes de défense des droits humains. [mj emb rc apr 03/06/2020 19:20]