A travers Haiti

Santé : Poursuite des flux migratoires sur la frontière d’Haïti avec la République Dominicaine, en pleine période de Covid-19


vendredi 29 mai 2020

Ouanaminthe/Belladère/Anse-à-Pitres/Belle-Anse (Haïti), 28 mai 2020 [AlterPresse] --- Malgré la pandémie de Covid-19 (le nouveau coronavirus), des centaines de ressortissantes et ressortissants haïtiens continuent d’entrer, sans contrôle, au niveau de la frontière haïtiano-dominicaine, alerte le maire principal de la commune de Ouanaminthe (Ndlr : frontière commune avec Dajabón, une ville du Nord-Ouest de la République Dominicaine), Luma Démétrius, qui intervenait, ce jeudi 28 mai 2020, à l’émission FwoteLide sur AlterRadio 106.1 Fm.

« Plus de 500 personnes traversent la frontière chaque jour. Il n’y a pas de centre de quarantaine pour les accueillir. Seul un contrôle superficiel est effectué par le Ministère de la santé publique et de la population (Mspp) », déplore-t-il.

Les autorités haïtiennes seraient impuissantes à faire face à ces flux de migrantes et migrants haïtiens provenant de la République voisine.

Les agents de la Police nationale d’Haïti n’arrivent pas à contrôler les va-et-vient sur les points frontaliers, qui deviennent de vraies passoires.

Faute de ressources et d’accompagnements, il devient très compliqué de gérer ces flux migratoires, regrette le conseil municipal de Ouanaminthe, qui préconise la mise en place, par l’État central, d’un plan, qui devrait impliquer les conseils municipaux et les Conseils d’administration de sections communales (Casec), dans l’objectif de faire face efficacement à la crise sanitaire, due au Covid-19.

Ce plan devrait également permettre de gérer la faim, qui ravage les habitantes et habitants des sections communales.

Les ressortissantes et ressortissants haïtiens quittent volontairement la République Dominicaine, à cause de la situation sanitaire, qui prévaut dans la république voisine d’Haïti.

Ce sont des gens vraiment vulnérables, qui n’ont pas pu bénéficier d’aides du gouvernement dominicain, en raison du fait qu’ils ne disposent pas de documents légaux, renchérit, à l’émission FwoteLide sur AlterRadio 106.1 Fm, Shella Chauvette, directrice générale à la mairie de Belladère, commune située dans le département du Plateau central, sur la frontière commune avec Comendador (Ndlr : une ville de l’Ouest de la République Dominicaine, capitale de la province d’Elías Piña).

Beaucoup ont pu travailler, mais n’ont pas eu la chance de recevoir leurs salaires.

Pour traverser la frontière et pouvoir entrer sur le territoire national d’Haïti, sans se faire mettre en quarantaine, certains (d’entre eux) offrent de fortes sommes d’argent à des chauffeurs de motos-taxis.

L’État central aurait dû fermer strictement les points d’entrée à la frontière haïtiano-dominicaine, comme c’est le cas pour les voyages aériens, s’il avait voulu empêcher la pénétration de la maladie de Covid-19 sur le territoire haïtien, estime Harry Bruno, le maire principal d’Anse-à-Pitres, dans le département du Sud-Est d’Haïti (Ndlr : sur la fronti ère commune avec Pedernales, une ville à l’extrême Sud-Ouest de la République Dominicaine, située à l’embouchure du fleuve Pedernales), interrogé, ce jeudi 28 mai 2020, à l’émission FwoteLide sur AlterRadio 106.1 Fm.

« Si nous avions pris les dispositions nécessaires, nous n’aurions pas eu autant de cas confirmés au Covid-19, de mars 2019 à date, sur le territoire national ».

Absence de centres opérationnels de prise en charge de Covid-19 dans le Sud-Est

« En général, jusqu’à présent, dans le département du Sud-Est, il n’y a aucun centre opérationnel, prêt à accueillir d’éventuels cas de Covid-19. Cette situation nous inquiète beaucoup », déplore le maire principal de Belle-Anse (Ndlr : commune située dans le département du Sud Est d’Haïti, chef-lieu de l’arrondissement de Belle-Anse, au sud de Jacmel), Dénoil Anténor, qui s’exprimait, ce jeudi 28 mai 2020, à l’émission FwoteLide sur AlterRadio 106.1 Fm.

Les médecins, qui reçoivent des malades, devraient être en mesure de se protéger. Mais, ils ne disposent pas d’équipements, poursuit Anténor.

Le conseil municipal de Belle-Anse déplore également l’absence d’un système de communication efficace, entre les autorités locales et le Ministère de la santé publique et de la population (Mspp), sur l’évolution de la pandémie de Covid-19.

Très inquiet par rapport à la situation sanitaire, le conseil municipal de Belle-Anse plaide en faveur d’une décentralisation véritable, dans la gestion de la pandémie de Covid-19.

Chacun des 10 départements géographiques en Haïti devrait être doté des moyens de dépistage et de centres de prise en charge des patientes et patients, atteints du nouveau coronavirus. [mj emb rc apr 28/05/2020 19:10]