Perspectives

Haïti-Football : Accusé d’abus sexuels sur des footballeuses mineures, Yves Jean-Bart suspendu provisoirement par la Fifa jusqu’en août 2020


mardi 26 mai 2020

P-au-P, 26 mai 2020 [AlterPresse] --- Pour une période de 90 jours, c’est-à-dire jusqu’au 23 août 2020, Yves (Dadou) Jean-Bart, président de la Fédération haïtienne de football (Fhf), est interdit provisoirement de « toutes activités liées au football », en attendant les résultats des enquêtes en cours, apprend l’agence en ligne AlterPresse sur le site de la Fédération internationale des associations de football (Fifa).

Yves-Jean-Bart est accusé d’abus sexuels sur des footballeuses mineures haïtiennes, d’après un article du journal britannique « The Guardian ».

Cette sanction, qui entre immédiatement en vigueur, ce lundi 25 mai 2020, a été décidée par la chambre d’investigation de la commission d’éthique indépendante de la Fifa, conformément aux articles 84 et 85 du code d’éthique de la Fifa.

Tout de suite après la décision officielle de suspension provisoire d’Yves Jean-Bart par la Fifa, le secrétariat général de la Fédération haïtienne de football a annoncé, « incessamment, une réunion du comité exécutif de la Fhf, pour arrêter les mesures, prévues par les statuts et règlements généraux de la Fédération ».

« Toutes les dispositions seront prises dans le respect strict de nos statuts propres, de ceux de la Confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf) et de la Fifa », souligne une note de presse, en date du 25 mai 2020, signée du secrétaire général de la Fhf, l’ancien footballeur Carlo Marcelin.

Malgré une lettre, qu’il a signée, dans laquelle il demandait au Réseau national de défense de droits humains (Rnddh) d’enquêter sur les allégations d’abus sexuels à l’encontre d’Yves Jean-Bart, Carlo Marcelin n’a pas répondu aux demandes d’interviews de l’équipe d’enquête du Rnddh.

Le Réseau national de défense de droits humains a souhaité la mise à l’écart d’Yves Jean-Bart à la tête de la Fhf, pour une enquête « en toute sérénité », selon les conclusions d’un rapport d’enquête, rendues publiques le jeudi 21 mai 2020.

« Plusieurs personnalités du pays, évoluant dans la sphère du football, sont au courant de ces pratiques de marchandage sexuel contre avantages, entre les dirigeants de clubs et les jeunes », avouent des journalistes sportifs, interrogés par le Rnddh, parmi 26 personnes, dont 7 ont requis l’anonymat, lors de son enquête, réalisée du mercredi 6 au mercredi 20 mai 2020.

Yves Jean-Bart a admis avoir eu une fille d’une ancienne joueuse d’Anacaona Football Club, rencontrée en l’année 2000, rapporte le Rnddh.

La Fifa devrait immédiatement suspendre le président de la Fédération haïtienne de football, a préconisé l’organisme international de droits humains Human rights watch (Hrw), dans un communiqué en date du 22 mai 2020.

Une ancienne joueuse de football a dit à Hrw que ses contrats et « ma chance de jouer à l’étranger dépendaient du fait de coucher avec le président ».

Les jeunes joueuses mineures de football, présumées victimes de viols de Yves Jean-Bart, feraient l’objet de menaces de morts, selon un nouvel article, publié sur le site du journal britannique « The Guardian ».

Ces menaces de mort feraient suite aux accusations, proférées contre Yves Jean-Bart, selon le journal britannique « The Guardian », signalant l’ouverture d’une enquête, par les autorités judiciaires haïtiennes, sur ces allégations d’abus sexuels sur les victimes présumées.

Après 2 séances d’audition d’Yves Jean-Bart, les 14 et 21 mai 2020, le parquet près le tribunal civil de la Croix-des-Bouquets a évoqué le renvoi du dossier au cabinet d’instruction, pour les suites nécessaires.

Les avocats d’Yves Jean-Bart, qui avaient indiqué avoir porté plainte, en France, contre l’un des auteurs du premier article de « The Guardian », ne se sont pas encore publiquement manifesté, après la suspension provisoire d’Yves Jean-Bart, jusqu’au 23 août 2020, de « toutes activités liées au football », par la chambre d’investigation de la commission d’éthique indépendante de la Fédération internationale des associations de football.

Depuis la publication du premier article de « The Guardian », plusieurs associations nationales, dont des organisations de promotion et de défense des droits des femmes, avaient exigé le retrait d’Yves Jean-Bart de la présidence de la Fhf, pour encourager une enquête sérieuse sur les allegations d’abus sexuels sur des footballeuses mineures, au centre Fifa Goal de la Croix-des-Bouquets (municipalité au nord-est de la capitale, Port-au-Prince). [emb rc apr 26/05/2020 0:00]