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Haïti-Technologie : Des responsables de médias préconisent une politique publique d’éducation aux médias

P-au-P, 30 avril 2020 [AlterPresse] --- Des responsables de médias et animateurs préconisent l’éducation aux médias en Haïti, au terme de la troisième journée de la 10e édition du Sommet de la finance 2020 et de la 5e édition de la Fin Tech, ce jeudi 30 avril 2020, a observé l’agence en ligne AlterPresse.

« Il faut une éducation aux médias, le pays doit être doté d’une politique publique, pour déterminer la finalité visée dans l’utilisation des technologies de la communication », affirme Frantz Duval, rédacteur en chef du journal imprimé Le Nouvelliste, disponible également mis en ligne.

« Il ne faut pas confondre les moyens et finalités. Nous devons savoir ce que nous voulons faire de l’Internet, (…) ».

L’accès à l’électricité, des utilisatrices et utilisateurs, pour rester connectés sur les médias en ligne, fait également partie des problèmes à résoudre, relève Frantz Duval.

« Cette politique d’éducation doit commencer par cibler les enfants ainsi que tous les autres membres de la société, qui doivent comprendre le processus médiatique, notamment la création de l’information, sa diffusion et l’impact qu’elle peut avoir », souligne le journaliste Gotson Pierre, qui dirige l’agence en ligne AlterPresse et la station AlterRadio 106.1 FM.

Gotson Pierre plaide en faveur d’une vraie politique publique car, dit-il, le développement technologique se fait pratiquement par la force des choses en Haïti, sous l’impulsion des changements technologiques survenus au niveau international.

« C’est une nécessité absolue, capitale et stratégique ».

« Nous sommes passés de 7 mille utilisatrrices et utilisateurs d’Internet, au début des années 2000 à plus de 3 millions aujourd’hui, soit 32% de la population, selon les dernières données disponibles », rappelle Gotson Pierre.

Aujourd’hui, les gens ont accès à des plateformes, notamment WhathsApp, qui n’imposent pas la création d’une adresse courriel, d’un site web, constate l’animateur Carel Pèdre de Chokarella.

Ces gens se connectent ainsi pour la première fois sur Internet, s’informent sur WhathsApp et ignorent comment rechercher, vérifier les informations et comparer les sources, déplore Carel Pèdre.

Pour lui, le manque de régulation des médias en ligne en Haïti rend plus difficile le travail des journalistes, soucieux d’apporter des informations fiables, face aux informations inexactes et aux plagiats, note-t-il.

Carel Pèdre préconise une concurrence saine, à travers la création de médias en ligne « solides et forts », qui peuvent répondre correctement aux objectifs d’informer et de former la population. [mj emb rc apr 30/04/2020 19:05]