Reportage-photo : Haiti / De la sculpture plein la vue

Par Vario Serant (texte)

et Ladenson Fleurival (photos)

P-au-P., 17 mai 05 [AlterPresse] --- Si vous avez longé ces derniers jours l’avenue Lamartinière, non loin du siège central de la Compagnie nationale des télécommunications, à Pont Morin, vous avez dû probablement apercevoir plusieurs objets hétéroclites que des artistes haïtiens et congolais ont transformé en de magnifiques œuvres d’art. Il s’agit de la sculpture de récupération.



Ces œuvres et leurs auteurs étaient à l’honneur dans la soirée du 12 mai à 
l’Institut français d’Haïti (IFH). Cette fête de la sculpture, qui durera
jusqu’au 25 mai 2005, s’inscrit dans le cadre de la célébration du
soixantième anniversaire de l’Institut.



En plus des quatre exposants haïtiens, on notait la présence de plusieurs
autres sculpteurs invités venus de différents quartiers de l’aire
métropolitaine de Port-au-Prince et du Sud-Est du pays.



« C’est l’occasion de montrer les sculptures d’artistes haïtiens très
confirmés, mais aussi donner la chance à de jeunes talents. La sculpture
haïtienne a beaucoup de talents », a souligné le directeur de l’Institut
français. Sur un ton moins sérieux, Paul Lévy s’est plaint du fait que
Barbara Prézeau, l’initiatrice du projet, ait transformé son bureau, les
jardins et tous les couloirs de l’IFH en hall d’exposition. « J’entend
protester dans les médias », a indiqué non sans humour Lévy.



En plus de faire connaître de jeunes talents, cette fête de la sculpture a
permis, selon la directrice de la Fondation AfriKamerika, de mettre à 
l’honneur de grands maîtres haïtiens de la sculpture comme Ludovic Booz,
Patrick Vilaire, Ronald Mevs et Sergo Lumo.



« L’idée était de faire une place d’honneur à la sculpture. Car Haïti est
connue comme une île de peintres. A tort...car Haïti compte autant de
sculpteurs - sinon plus - que de peintres. Il y a des villages entiers de
sculpteurs ; un phénomène unique dans la région, dans la Caraïbe », a ajouté
Barbara Prézeau.



A côté de l’exposition des œuvres sculpturales, une ambiance festive et bon
enfant a prévalu dans l’enceinte de l’Institut, au cours de cette soirée du
12 mai, où le public a fait le déplacement malgré la pluie. L’assistance a
eu droit à des numéros de danse improvisés exécutés par deux artistes
congolais et quelques-uns de leurs collègues haïtiens présents sur fond de
musique racine. [vs fl gp apr 17/05/05 14:00]