Développement durable

Haïti-Covid-19 : Des dispositions institutionnelles devraient être prises, préalablement à la décision de fermeture des écoles et factories


vendredi 20 mars 2020

P-au-P, 20 mars 2020 [AlterPresse] ---Des mesures institutionnelles devraient être prises, par le gouvernement irrégulier de Joseph Jouthe, préalablement à la décision « unilatérale » de fermeture des écoles et factories, sur le territoire national en Haïti, estiment des citoyennes et citoyens,dans un micro-trottoir, effectué, à Delmas (au nord-est de la capitale, Port-au-Prince), par l’agence en ligne AlterPresse.

Pour certains, il s’agirait d’une bonne décision du gouvernement de fermer certaines institutions. Mais, pour d’autres, les autorités étatiques devraient mettre en place suffisamment de dispositions au préalable.

En réalité, la population nationale a été prise totalement de court, sans aucune préparation, ni planification,, par une série de dispositions, soudainement prises, dans la soirée du jeudi 19 mars 2020, sans aucune concertation, dans un contexte d’absence de courant électrique public.

De plus, malgré une prolifération de stations de radio, la population nationale, notamment en dehors de la capitale, dans les villes de province et dans les sections communales, n’est pas informée, pour autant, d’éventuelles décisions, prises à Port-au-Prince, sans la disponibilité d’aucune structure de communication.

Ce vendredi 20 mars 2020, cette absence de planification gouvernementale a fait voir la distance, qui sépare celles et ceux qui prétendent diriger le pays et l’ensemble des citoyennes et citoyens.

Non informés des dispositions annoncées, beaucoup de parents ont emmené leurs enfants à l’école, à Port-au-Prince et en province.

Les ouvrières et ouvriers des factories, dont la plupart reçoivent leur paye les vendredis, se sont rendus sur leurs lieux de travail...

Or, l’ensemble des dispositions, adoptées unilatéralement, sont de nature à affecter le qquotidien de toutes et de tous.

De quelle manière celles et ceux, qui vivent d’expédients au jour le jour, vont-ils pouvoir subsister ?

Comment les établissements scolaires vont s’y prendre, non seulement pour faire face à des curricula sérieusement compromis durant les trois mois (septembre, octobre et novembre 2019) de « pays locked » ? Quels aménagements pourront-ils faire pour leurs élèves ? Quid de leurs obligations vis-à-vis des professeurs et de leur personnel administratif ?

Également, ce vendredi 20 mars 2020, les marchés publics étaient sous forte affluence de personnes, qui cherchaient à s’approvisionner en biens divers (surtout alimentaires) face à l’incertitude des jours à venir en Haïti, qui pourrait vivre une propagation du Covid-19.

« Les malheureux (les démunis) ne pourront pas rester cloîtrés chez eux. Sortir quotidiennement ’est le seul moyen, qu’ils ont, d’assurer leur quotidien », témoigne
à AlterPresse Ludovic, un passant sur la route de Delmas.

« Les membres du gouvernement ont les moyens de se prendre en charge, eux-mêmes. Mais nous, les pauvres, que ferons-nous par rapport à cette situation ? Nous devons subsister. Nous ne pouvons pas nous enfermer chez nous. Ce serait pire », se plaint-il.

Un riverain de Delmas 57 partage ses inquiétudes, par rapport au fait que personne ne sait où elle devrait s’y rendre, si elle a des symptôme. Les autorités étatiques n’ont rien précisé à ce sujet, critique-t-il.

« Dans les autres pays organisés, où la pandémie du Covid-19 s’est installée, les autorités ont vraiment assuré leur rôle, pour accompagner la population. Ce qui n’est pas le cas pour Haïti, puisqu’ ici, il n’y a pas d’Etat », affirme à AlterPresse une passagère d’une camionnette.

Les 2 premiers cas de personnes, testées positives au Covid-19 (le nouveau coronavirus) ont été officiellement confirmés en Haïti, dans la soirée du jeudi 19 mars 2020. [dj emb rc apr 20/03/2020 17:10]