Haïti : Nouvelle mobilisation de policiers nationaux, émaillée de violences le 10 mars 2020, à Port-au-Prince

P-au-P, 10 mars 2020 [AlterPresse] --- Des dizaines de policiers nationaux ont investi, à nouveau, les rues de Port-au-Prince, ce mardi 10 mars 2020, pour réclamer la reconnaissance de leur syndicat et la réintégration de leurs collègues, révoqués le 18 février 2020, a observé l’agence en ligne AlterPresse.

Les protestataires ont fait usage de gaz lacrymogènes pour forcer les fonctionnaires, dans plusieurs institutions publiques - comme le Ministère de la planification et de la coopération externe (Mpce), le Ministère des affaires sociales et du travail (Mast), le Ministère de l’économie et des finances (Mef) et le Ministère de la justice et de la sécurité publique - Mjsp) - à abandonner leurs lieux de travail, dans le cadre de leur opération baptisée « fermeture des bureaux de l’Etat ».

Les fonctionnaires au Mpce ont été évacués de toute urgence, de même que ceux la Direction de l’immigration et de l’émigration (Die).

Des véhicules ont été attaqués violemment, puis dressés comme barricades, sur plusieurs artères de la capitale, Port-au-Prince, notamment à l’avenue Martin Lutherking (communément appelée Nazon), Bourdon et l’avenue John Brown (plus connue sous le nom de Lalue).

La manifestation des policiers nationaux a parcouru les rues de Delmas, Nazon, Bourdon et l’avenue Charles Summer.

Des pneus usagés enflammés ont été remarqués devant les locaux du Ministère de la justice et de la sécurité publique (Mjsp), alors que des tirs nourris d’armes à feu ont été entendus devant les locaux du Ministère des affaires sociales et du travail (Mast).

Le syndicat de la Pnh a annoncé une nouvelle marche pour le mois d’avril 2020, afin de continuer à réclamer de meilleures conditions de travail et la reconnaissance du syndicat.

Une forte tension a régné dans plusieurs quartiers de la capitale, en début et pendant une bonne partie de l’après-midi du lundi 9 mars 2020, lors d’un mouvement d’un groupe de policiers nationaux, ciblant institutions et équipements étatiques.

Des policiers encagoulés, disant appartenir à un groupe nommé « fantôme », ont semé la panique dans les rues, notamment de Delmas et de Pétionville, où ils se sont attaqués à des bureaux et véhicules étatiques.

Le Réseau national des magistrats haïtiens (Renamah) dénonce une tentative d’assassinat du magistrat Durin Junior Duret, juge à la Cour d’appel de Port-au-Prince et également conseiller au Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (Cspj), lors de ce mouvement de protestations policières. [rf emb rc apr 10/03/2020 16:45]