Perspectives

Haïti : Panique à la capitale, lors d’un mouvement de policiers nationaux


mardi 10 mars 2020

P-au-P., 10 mars 2019 [AlterPresse] --- Une forte tension a régné dans plusieurs quartiers de la capitale, en début et pendant une bonne partie de l’après-midi du lundi 9 mars 2020, lors d’un mouvement d’un groupe de policiers nationaux, ciblant institutions et équipements étatiques, a constaté l’agence en ligne AlterPresse.

Des policiers nationaux, encagoulés et disant appartenir à un groupe nommé « fantôme », ont semé la panique dans les rues, notamment de Delmas et de Pétionville, où ils se sont attaqués à des bureaux et véhicules étatiques.

Ils ont tiré en l’air, crevé les pneus et cassé les pare-brise de plusieurs véhicules officiels, dont ils se sont servis pour barricader la voie publique. Des fonctionnaires publics ont été contraints d’abandonner leurs voitures de fonction.

Une des victimes de ces attaques a été le juge Durin Junior Duret, magistrat auprès de la Cour d’appel de Port-au-Prince et membre du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (Cspj).

Le véhicule du juge Durin Junior Duret a été endommagé. Des faits, sévèrement condamnés par le gouvernement.

Cette situation a causé un mouvement de panique, dans plusieurs quartiers, tandis que des embouteillages considérables ont été observés sur plusieurs artères.

S’adressant à des journalistes, des policiers nationaux encagoulés, en uniforme et en civil, ont réclamé justice pour leurs confrères, tombés sous des balles assassines, et de meilleurs traitements de la part des autorités.

De son coté, le Syndicat de la police nationale d’Haïti a annoncé, le même jour, une nouvelle marche pour le mois d’avril 2020, afin de continuer à réclamer de meilleures conditions de travail et la reconnaissance du syndicat.

La police est secouée, depuis quelques temps, par des mouvements de protestations, parfois accompagnés de violence. Durant le mois de février 2020, il y a eu des tirs devant la direction générale de la police nationale, transférée maintenant de Pétionville (périphérie est) à Tabarre (périphérie nord-est), annonce, le 10 mars 2020, la police.

Durant des mouvements policiers, des attaques armées se sont produites également, en février 2020, contre le cabinet de Me. Samuel Madistin et les locaux de Radio Télé Vision Caraïbes (Rtvc), des incendies de stands de carnaval, de véhicules et d’autres biens.

Une situation de vive tension et de confusion a régné, le dimanche 23 février 2020, dans la capitale, pendant que des policiers nationaux étaient en train de manifester, de nouveau, pour réclamer de meilleures conditions de travail et la reconnaissance de leur syndicat.

Au moins 1 soldat, faisant partie des Forces armées remobilisées, en novembre 2017, par Jovenel Moïse, a succombé de ses blessures et un autre a été blessé, au cours de l’attaque contre le « Grand Quartier Général », au Champ de Mars, par des individus encagoulés, munis d’armes à feu.

Un policier, atteint d’une balle, s’est ensuite éteint, a indiqué le directeur général a.i. de la Pnh, Normil Rameau, en conférence de presse, le lundi 24 février 2020.

L’Office de la protection de la citoyenne et du citoyen (Opc) demande à la Direction générale de la Police de reconnaître la démarche de création d’un syndicat, au sein de la Pnh, et de réévaluer le dossier de renvoi des 4 policiers nationaux protestataires.

La décision de révoquer 4 policiers nationaux, qui réclament la reconnaissance de leur syndicat et de meilleures conditions de travail, constitue « une grave atteinte » à la liberté syndicale en Haïti, a estimé l’Office de la protection de la citoyenne et du citoyen (Opc), dans un communiqué.

Les autorités doivent également diligenter une enquête pour déterminer les degrés de responsabilités des actes de violences, perpétrés dans les locaux de l’Inspection générale de la Pnh, du cabinet de Me. Samuel Madistin et de la Rtvc, « dans une perspective d’appliquer des sanctions pénales et administratives ». [apr 10/03/2019 05:00]