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Genre : Des organisations nationales et internationales appellent au respect des droits des femmes en Haïti


lundi 9 mars 2020

P-au-P, 09 mars 2020 [AlterPresse] --- Des organisations nationales et internationales souhaitent le respect des droits des femmes, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, le dimanche 8 mars 2020.

La communauté internationale joue un double jeu, en prônant le respect des droits de la femme et des actions de soutien, en même temps, du pouvoir en place, critique la coordonnatrice de la Solidarite fanm ayisyèn (Sofa), Sabine Lamour, lors d’une conférence de presse, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

« Le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (Binuh) tolère, appuie, supporte le président Jovenel Moise, qui ne cesse point de mettre en péril, au quotidien, la vie des femmes haïtiennes et s’active à nous pousser à faire marche arrière sur nos acquis démocratiques », relève la Sofa.

La Sofa fait appel aux élites intellectuelles, politiques, sociales et économiques du pays, pour sortir le pays du labyrinthe périlleux, dans lequel il est plongé.

La Solidarite fanm ayisyèn dénonce la banalisation du droit à la vie en Haïti, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, le dimanche 8 mars 2020.

Les femmes sont constamment exposées au viol collectif et aux actes de kidnapping. Ce qui les empêche de vaquer librement à leurs activités coutumières, notamment les commerçantes\marchandes, souligne la Sofa.

Pour sa part, l’organisation féministe Kay Fanm appelle toutes les femmes et filles du pays à se mobiliser, afin de se débarrasser du système patriarcal, qui piétine leurs droits.

Pour sa part, le bureau du secrétaire d’Etat de facto à la communication demande, dans une note, aux instances responsables de combattre les actes malhonnêtes, commis sur les femmes et filles.

Ce secrétariat de facto à la communication estime que les femmes méritent beaucoup plus d’encadrement, à cause de leur détermination.

Déplorant les violences de toutes sortes, faites aux femmes et aux filles, sur tout le teerritoire national, il déclare s’engager à faire respecter les droits des femmes, à travers la mise en œuvre de politiques publiques, dont le délai de mise en œuvre effective n’est pas précisé.

Le Ministère de l’intérieur et des collectivités territoriales (Mict) promet également de s’engager davantage en faveur de l’égalité des sexes, de a sécurité et de l’autonomisation des femmes et des filles.

Le Mict invite « à bannir les agressions physiques, psychologiques et les discriminations de toutes sortes, dont les femmes et les filles sont généralement les plus grandes victimes en situation de crise ».

Cette nouvelle journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 2020, est « un leitmotiv pour rappeler combien il faut travailler pour la concrétisation de l’autonomisation des femmes et des filles en Haïti, estime le Mict.

« Les autorités du Mict œuvreront sans relâche, au niveau de toutes les collectivités territoriales du pays, pour le rétablissement du climat sécuritaire, devant garantir le respect des droits fondamentaux de la personne, surtout ceux des femmes en particulier ».

Quid des organisations internationales

En dépit des avancées, en matière d’égalité de genre, des défis persistent dans le pays, considère le système des Nations unies en Haïti, dans un communiqué à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 2020.

Le système des Nations unies en Haïti dit constater une évolution positive au niveau de l’institution policière, qui compte désormais plus de 10% de femmes.

Toutefois, il déplore le fait que les femmes en Haïti reçoivent des salaires inférieurs à ceux des hommes, ainsi que le faible niveau d’accès des femmes aux emplois formels.

Il reste beaucoup de chemin à faire pour aboutir à la réalisation effective des droits des femmes en Haïti. Il est grand temps de procéder à une évaluation de la mise en œuvre, en Haïti, de la Convention des Nations unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, lit-on dans le communiqué.

Pour sa part, l’Union européenne (Ue) a lancé, le lundi 9 mars 2020, 5 nouveaux projets, destinés à soutenir les actions, de plusieurs organisations de la société civile haïtienne, dans la lutte contre les violences faites aux femmes en Haïti.

Le montant de ces projets est évalué à 2,8 millions d’euros (Ndlr : US $ 1.00 = 100.00 gourdes ; 1 euro = 111.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 2.00 gourdes aujourd’hui). [dj emb rc apr 09/03/2020 16:00]