Perspectives

Politique : Après le ministère des finances, Jovenel Moïse catapulte Joseph Jouthe au poste de premier ministre en Haïti

Les partis dits modérés dans l’opposition sont roulés dans la farine, selon l’ex-député Jean Robert Bossé
lundi 2 mars 2020

P-au-P, 02 mars 2020 [AlterPresse] --- Après le Ministère de l’économie et des finances (Mef), comme titulaire ad interim depuis octobre 2019, Joseph Jouthe, jusque-là titulaire démissionnaire au Ministère de l’environnement (Mde), est catapulté, début mars 2020, au poste de nouveau chef du gouvernement, en Haïti, annonce le président Jovenel Moïse, sur son compte Twitter, consulté par l’agence en ligne AlterPresse.

Ce choix découle de « consultations avec différents secteurs du pays », souligne Jovenel Moïse, qui appelle son « nouveau premier ministre à former, dans les meilleurs délais, un gouvernement d’ouverture et de consensus, capable de répondre aux urgences de l’heure ».

« Pour la énième fois, Jovenel Moïse, en nommant l’un de ses fanatiques au poste de premier ministre de facto, a roulé dans la farine les partis de l’opposition dits modérés. Une victoire, à coup sûr, pour celles et ceux, qui croient dur comme fer qu’aucun accord politique n’est possible avec Moïse », réagit l’ancien député d’Aquin (Sud d’Haïti), Jean Robert Bossé, dans un tweet.

Le choix d’un nouveau premier ministre, par Jovenel Moïse, survient dans un contexte de dysfonctionnement du parlement et d’échec d’une nouvelle série de négociations, entamées, en janvier 2020, entre une partie des protagonistes politiques, en vue d’une issue à la crise actuelle en Haïti.

Ces discussions politiques ont été, à nouveau, un échec, avait regretté le parti politique Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (Rdnp), qui s’exprimait en conférence de presse, le lundi 17 février 2020.

Initiées par les proches du pouvoir en place et une frange des partis de l’opposition, du mercredi 29 au vendredi 31 janvier 2020, à la nonciature apostolique catholique romaine (à Pétionville, à l’est de la capitale, Port-au-Prince), ces discussions politiques se sont poursuivies, de manière informelle, depuis le lundi 3 février 2020, alors qu’elles étaient annoncées pour le vendredi 7 février 2020.

Lors d’une visite à Jacmel (Sud-Est), Jovenel Moïse a demandé, à nouveau, aux protagonistes politiques de poursuivre le dialogue, en vue de la mise en place d’un gouvernement d’union nationale.

Commme pour beaucoup de ses promesses, dont l’électricité publique 24h/24, sur toute l’étendue du territoire national, à partir de mai 2029, Jovenel Moïse n’était pas parvenu à mettre en place un nouveau gouvernement, fin décembre 2019.

Depuis le renvoi du gouvernement de Jean Henry Céant, le lundi 18 mars 2019, par la chambre des députés, avec une majorité favorable à Jovenel Moïse, un gouvernement démissionnaire, dirigé par Jean-Michel Lapin, également titulaire démissionnaire au Ministère de la culture et de la communication (Mcc), fonctionne en dehors des normes constitutionnelles et légales.

Un autre gouvernement, dont la politique générale était acceptée par la même majorité à la chambre des députés, favorable à Jovenel Moïse, n’a pas pu recevoir de vote au sénat, en raison de soupçons de corruption, pesant sur le premier ministre désigné (le 22 juillet 2019) Fritz William Michel, qui ne serait pas habilité à occuper le poste de chef de gouvernement, selon le regroupement « Ensemble contre la corruption » (Ecc).

En ce début du mois de mars 2020, l’opinion publique vient d’apprendre la démission de Fritz William Michel, dans une lettre adressée à Jovenel Moïse. [emb rc apr 02/03/2020 09:10]