Perspectives

Droits humains : Plusieurs organismes souhaitent la prise en compte des revendications policières, pour prévenir une aggravation de l’insécurité en Haïti


mercredi 19 février 2020

P-au-P, 19 févr. 2020 [AlterPresse] --- Si les revendications des policières et policiers syndiqués ne sont pas satisfaites, la situation d’insécurité pourrait s’aggraver, avertit le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh), lors d’une interview accordée à l’agence en ligne AlterPresse.

Le Rnddh dit soutenir l’idée de création d’un syndicat, au sein de la Police nationale d’Haïti l’institution policière. Mais, cela doit se faire dans le respect de la loi, dit-il.

De son côté, l’organisme de promotion des droits humains et de la gouvernance démocratique « Jurimédia » exhorte le Conseil supérieur de la police nationale (Cspn) à créer des moyens, pour répondre, immédiatement, aux revendications des policières nationales et policiers nationaux syndiqués.

La situation a empiré, parce que les autorités policières n’ont donné aucune importance aux revendications des policières et policiers, affirme Jurimédia.

Pour sa part, un autre organisme de droits humains, le Collectif Défenseurs Plus, dit comprendre les revendications des policières nationales et policiers nationaux, qui exigent la reconnaissance de leur syndicat.

Toutefois, le Collectif Défenseurs Plus dénonce la façon, dont se servent les policières nationales et policiers nationaux, pour faire entendre leurs voix.

Un syndicat, au sein de la Pnh, sera très important pour la population, parce qu’il pourrait empêcher une politisation de l’institution policière, de la part des autorités étatiques, pense le Forum politique des socioprofessionnels progressistes (Fpsph).

Sur recommandation de l’inspection générale, la direction générale de la Police nationale d’Haiti (Pnh) a décidé de révoquer la coordonnatrice du syndicat de la Pnh, Yanick Joseph, et 4 de ses collègues, dont un inspecteur de police, pour « sédition et atteinte à l’honneur de l’institution policière, indiscipline, violence et actes de vandalisme ».

C’est le règlement interne de la Pnh, qui doit définir si la mesure de révocations des policiers nationaux, après leur mouvement de protestations, le lundi 17 février 2020, est normale, selon le Collectif Défenseurs Plus.

Cette mesure de révocation fait suite à l’incendie, déclaré en fin d’après-midi du lundi 17 février 2020, dans une bonne partie des tribunes en construction au Champ de Mars, principale place publique dans la capitale, Port-au-Prince, devant accueillir le prochain carnaval, prévu du dimanche 23 au mardi 25 février 2020.

Cet incendie a eu lieu, alors qu’une manifestation de policiers nationaux, en faveur de la reconnaissance de leur syndicat, était sur le point de se terminer à la capitale, au Champs de Mars.

Les festivités carnavalesques seront toujours maintenues, du dimanche 23 au mardi 25 février 2020, en dépit de l’incendie, enregistré dans les tribunes en construction au Champ de Mars, affirme le premier ministre démissionnaire Jean Michel Lapin, en conférence de presse, le mardi 18 février 2020.

L’attaque, perpétrée par des policiers nationaux syndiqués contre la Direction générale de la Police nationale d’Haïti (Pnh) et le feu qu’ils ont mis aux stands, dans l’aire du Champ de Mars, en préparation du carnaval, constituent « des actes barbares, illégaux, inadmissibles et indignes », qui « viennent rappeler la violence aveugle des extrémistes et terroristes ».

C’est en ces termes « osés », qu’a réagi le gouvernement démissionnaire, dans une note de presse, en date du mardi 18 février 2020.

Le moment, caractérisé par une aggravation de la situation socioéconomique, en ce début d’année 2020, n’est pas favorable à la tenue d’un carnaval dans le pays, estime le coordonateur general du regroupement citoyen « le Collectif 4 décembre 2013 », Jean Robert Argant.

La lutte des policiers syndiqués a atteint une phase qui a aggravé la situation déjà difficile du pays, constate le Collectif 4 décembre 2013. [emb rc apr 19/02/2020 14:05]