Perspectives

Haïti-Justice : Marche citoyenne contre l’insécurité, prévue le vendredi 14 février 2020, à Port-au-Prince

Plus de 70 cas de kidnapping, de fin décembre 2019 à début février 2020
lundi 10 février 2020

P-au-P, 10 févr. 2020 [AlterPresse] --- Le regroupement citoyen Collectif 4 décembre 2013 et ses alliés annoncent, pour le vendredi 14 février 2020, à Port-au-Prince, une marche citoyenne contre l’insécurité, lors d’une conférence de presse, ce lundi 10 février 2020, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

« Nous demandons aux autorités de faire des interventions claires, avec des résultats incontestables », exige Jean-Robert Argant, coordonnateur du Collectif 4 décembre 2013.

Le regroupement de citoyennes et de citoyens invite toutes les actrices et tous les acteurs de la vie nationale à prendre part à cet événement, qui débutera au niveau du Carrefour des routes de l’Aéroport international et de Delmas, pour terminer devant le Ministère de la justice et de la sécurité publique (Mjsp), situé à l’avenue Charles Summer (centre-ville de Port-au-Prince).

Plusieurs autres organisations expriment leurs inquiétudes, à propos de l’intensification de la criminalité sur le territoire national, plus précisément en ce qui concerne les nombreux cas de kidnapping (actes d’enlèvements et de séquestrations de personnes), enregistrés, depuis le mois de décembre 2019, dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince.

Le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) se dit très préoccupé face à la recrudescence de l’insécurité, ces derniers mois, en Haïti.

Le Rnddh demande au président du Conseil supérieur de la police nationale (Cspn), Jean Michel Lapin, également premier ministre démissionnaire, de prendre toutes les mesures qui s’imposent, en vue d’une amélioration de la situation, dans une lettre ouverte en date du vendredi 7 février 2020.

De nombreuses victimes, enlevées en janvier 2020, ont été séquestrées à Village de Dieu (au sud de Port-au-Prince) et à Gran ravin (sur les hauteurs de Martissant, dans la périphérie sud de Port-au-Prince).

« En plus des enlèvements proprement dits, ce qui inquiète la population, c’est la facilité, avec laquelle les bandits armés opèrent, sans même se préoccuper de cacher leurs armes à feu, prouvant, par là, que le contrôle du territoire a complètement échappé aux autorités étatiques », peut-on lire dans la lettre ouverte du Rnddh.

Plus de 70 cas de kidnapping ont été enregistrés dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, depuis la fin de l’année 2019 jusqu’au 10 février 2020, indique le coordonnateur de l’organisation Gardiens des droits humains (Gdh), Rovelson Apollon, interrogé par AlterPresse.

L’organisation Gardiens des droits humains exhorte l’Etat à prendre ses responsabilités, face à l’augmentation des cas de crimnalité dans le pays.

« Les agents de la police nationale sont démotivés. Leur niveau de frustration est grave. Ils ne sont plus à même d’assurer la sécurité de la population. Quant à l’Etat, il a failli à sa mission, il n’y a plus d’institution ».

Un réseau mafieux de fausses offres d’emploi en opération en Haïti

Un vaste réseau mafieux de fausses offres d’emploi dans le domaine de l’informatique opère, depuis quelques temps, en Haïti, selon les informations recueillies par AlterPresse.

À travers une manœuvre manipulatoire, les membres travaillant pour ce réseau de mafieux font croire aux postulantes et postulants qu’ils seront employés, comme informaticiennes et informaticiens, pour une Organisation non-gouvernementale (Ong).

En contrepartie, un salaire, qui varierait entre 1,500.00 à 2,000.00 dollars américains (US $ 1.00 = 96.00 gourdes ; 1 euro = 111.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 2.00 gourdes aujourd’hui), leur est promis, pour une durée d’environ 2 mois.

Obligation est faite, à chacune et à chacun, d’avoir des matériels, comme un ordinateur portable.

Le réseau de mafieux exige également, aux postulantes et postulants, de verser un montant, estimé à environ 300.00 dollars américains, pour briguer le poste.

Un membre du réseau de mafieux prend rendez-vous avec la postulante ou le postulant, en faisant semblant de l’emmener, dans un véhicule, au local de l’employeur, pour un premier entretien.

C’est à ce moment là que ce membre du réseau de mafieux en profite pour, d’abord, dépouiller la personne postulante de tous ses effets (ordinateur, téléphone, argent) et, ensuite, pour l’enlever et la séquestrer. [dj emb rc apr 10/02/2020 16:45]