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Haïti-Culture : Hommage, le 31 janvier 2020, à Port-au-Prince, au défunt poète Georges Castera fils


dimanche 2 février 2020

P-au-P, 1er févr. 2020 [AlterPresse] --- Des centaines de personnalités, notamment du milieu littéraire et du secteur culturel, en Haïti, se sont réunies, le vendredi 31 janvier 2020, au Centre d’Art (centre-ville de Port-au-Prince), pour rendre hommage à l’illustre poète haïtien, Georges Castera fils, décédé, le vendredi 24 janvier 2020, à l’âge de 83 ans, dans sa résidence à Pétionville (à l’est de la capitale, Port-au-Prince), a observé l’agence en ligne AlterPresse.

A côté du poète, il y a eu également l’homme Castera fils, qui fut spécial aux yeux de plusieurs personnes.

La contribution de Georges Castera à la valorisation de la langue Créole, dans ses textes, a été soulignée, à l’occasion de cette soirée-hommage.

« Toutes et tous se reconnaissent, d’une manière ou d’une autre, en Castera. Toutes et tous, d’une manière ou d’une autre, héritent quelque chose de lui », relève le linguiste, poète, bibliothécaire et animateur culturel Bonel Auguste.

Le poète, écrivain, essayiste, académicien et éditeur Rodney Saint-Eloi a témoigné sa gratitude envers Georges Castera fils, qui fut, dit-il, « son mentor, celui qui lui a montré la voie ».

« L’ami Georges, frère, tempête. Je t’ai connu oiseau, entre les branches rebelles. Je t’ai connu debout, dans la chanson des lavandières. Je n’ai pas de mots pour honorer ta mémoire. Le Georges, que j’ai connu, était plutôt un comte. Comme Federico García Lorca, il savait que la poésie, c’est quelque chose qui marche par les rues », a exprimé Saint-Eloi au Centre d’Art.

Ne pouvant pas être présents à la soirée-hommage du 31 janvier 2020, l’éducatrice et ancienne première ministre Michèle Duvivier Pierre-Louis et l’écrivain Lyonel Trouillot ont emprunté les voix de Syto Cavé et de Magali Comeau Denis, pour parler de Georges Castera fils.

« Georges était, fort heureusement, un immense poète. C’est grâce à Georges, en grande partie, en lisant ses poèmes ou en l’écoutant, que beaucoup d’autres ont appris combien la poésie Créole pouvait se faire autrement. Sortir du mimétisme, parcourir les rues… Depuis son retour, les pudicités, les villes, les morts, des coins et recoins du pays se sont reconnus à travers sa voix, sa façon de dire, sa façon de nommer les choses, dans leur réalité et leur bruissement secret. Chapeau à toi, Georges, pour tout ça », a fait valoir Michèle Duvivier Pierre-Louis.

« Tu fus homme de bonté joyeuse, de larmes aussi. Viel enfant, ébloui devant toutes choses merveilleuses : le rouge du soleil couchant, les arbres modestes, le rire colore des toupies. Homme de révolte et de colère, avec des mots sans tempérance », a décrit la comédienne et ancienne ministre de la culture d’Haïti Magali Comeau Denis, comme portrait de Georges Castera fils, aux yeux de Lyonel Trouillot.

A cette soirée-hommage du vendredi 31 janvier 2020, des textes de Georges Castera fils, dont Lè m wè w, Tanbou tibout la bout …, ont été dits par une chorale, composée de différents poètes, comédiens et musiciens haitiens, comme Mehdi Etienne Chalmers, Wooly Saint-Louis Jean, Rodney Saint-Eloi, Jacques Adler Jean Pierre, Guy Régis Junior, Emmelie Prophète.

Au nombre de figures de proue du milieu littéraire, artistique et de la société civile, ayant participé à la soirée-hommage à Georges Castera fils, le vendredi 31 janvier 2020, au Centre d’Art, citons les écrivaines Kettly Mars et Yanick Lahens, le diseur haïtien Pierre Brisson, la comédienne Paula Clermont Péan, le romancier Gary Victor, le cinéaste Arnold Antonin, le professeur et historien Pierre Buteau, la journaliste Lilianne Pierre-Paul, l’artiste-peintre et plasticien Philippe Dodard, l’ancien secrétaire d’Etat à l’intégration des personnes handicapées, le Dr. ès lettres Michel Archange Péan…

Né le 27 décembre 1936, à Port-au-Prince, Georges Castera fils fut le fondateur de l’Association des écrivains haïtiens et de l’atelier Jeudi Soir.

Georges Castera fils est l’auteur de nombreux textes poétiques, en Créole et en Français, comme Lè ou ri, klou gagit, Bwa mitan Panzou, Bwa mitan, Dan zòrèy, Filalang, Blengendeng bleng ! Le retour à l’arbre, ratures d’un miroir, Les cinq lettres, Le trou du souffleur…[dj emb rc apr 01/02/2020 19:30]