Perspectives

Haïti-Économie : La Banque centrale annonce des dispositions pour contrecarrer la crise économique

Le taux d’inflation toujours à la hausse, de plus de 20% en novembre 2019
vendredi 15 novembre 2019

P-au-P, 15 nov. 2019 [AlterPresse] --- La Banque de la république d’Haïti ou Banque centrale (Brh) compte baisser, notamment, des taux d’intérêt directeurs élevés, pour contrecarrer la crise économique, sévère et inquiétante en novembre 2019, avec un processus accéléré de vie chère, apprend l’agence en ligne AlterPresse.

C’est ce qui ressort d’une note de la Brh, sur sa politique monétaire pour le 4e trimestre de l’exercice fiscal 2018-2019, rendue publique le 12 novembre 2019 et dont a pris connaissance AlterPresse.

Face à la conjoncture socio-économique déplorable, qui prévaut depuis plusieurs trimestres, la Brh envisage de procéder à une baisse de certains taux, qu’elle juge élevés, comme la baisse modulée des taux d’intérêt directeurs, pour accommoder une reprise « plutôt saine et soutenable » de la croissance.

La Banque de la république d’Haïti indique avoir dû faire un arbitrage difficile entre les attentes, en matière de croissance, et les objectifs de stabilité des prix et du change.

Dans le but de stabiliser la gourde, la Brh avait maintenu les taux d’intérêt sur les bons à 10%, 14% et 22% sur les maturités de 7, 28 et 91 jours, respectivement, durant le dernier trimestre de l’exercice fiscal 2018-2019.

« Cette stabilité tend à contenir les variations de l’inflation, dues à la dépréciation de la gourde, en dépit de nos prévisions à la hausse du taux d’inflation, qui ne s’expliquerait pas, prioritairement et exclusivement, par des facteurs monétaires, que le prochain renouvellement du Pacte de gouvernance économique et financière, avec le Ministère de l’économie et des finances (Mef), aidera à monitorer », tente de justifier la note de la Brh.

Pourtant, « le maintien de ces niveaux élevés de taux, prévus pour être modulés à la baisse, risque d’empirer la profitabilité des entreprises débitrices du système financier et de leurs créditeurs, interpellant conséquemment la banque centrale par rapport à sa mission de régulateur », craint la Banque de la république d’Haïti.

En guise de soutien aux banques commerciales, la Brh voudrait s’arranger de manière à ce que ses bons deviennent moins attractifs, en permettant aux banques commerciales d’avoir plus de liquidités, visant à l’intermédiation financière.

Les perspectives pour l’économie haïtienne demeurent mitigées, en raison des troubles sociopolitiques, dans le pays, depuis environs 16 mois (depuis début juillet 2018, avec les violentes émeutes consécutives à la tentative du gouvernement de Jack Guy Lafontant d’augmenter les prix à la pompe des produits pétroliers sur le marché national).

Face à la contestation de la présidence politique et du système de vision autocratique qui sous-tend sa position, la répression est l’une des caractéristiques de la conjoncture, marquée par des assassinats, des massacres ainsi que des atteintes aux droits des journalistes, dénoncent plusieurs organismes de droits humains.

Depuis le dimamche 15 septembre 2019, des mobilisations, émaillées de violences, visant à réclamer la démission de Jovenel Moïse de la présidence politique, paralysent les activités sur le territoire national.

Associées à des pertes, dues, entre autres, aux casses, au manque de circulation, voire à la rareté de différents biens ainsi qu’aux difficultés dans les échanges, l’absence de perspectives et la stagnation voire la régression des activités économiques, à compter de la mi-septembre 2019, ont entraîné la suspension, voire la fermeture de divers services et activités, selon les témoignages recueillis par l’agence en ligne AlterPresse.

Par voie de conséquence, la mise en disponibilité de plusieurs agentes et agents économiques, au sein de bureaux et entreprises, dépourvus de rentrées financières, aura certainement des incidences sur les réalités économiques globales, avec la perte d’un niveau de pouvoir d’achat déjà très faible, au regard du coût de plus en plus élevé de la vie en Haïti.

Depuis deux mois, les prix de divers biens ont connu une hausse sans précédent, atteignant des niveaux insupportables pour toutes les couches.

Selon les dernières estimations, le taux de croissance du Produit intérieur brut (Pib), réel pour l’exercice 2018-2019, pourrait se circonscrire dans la fourchette de -0.6 % et 0.0 %, compte tenu de la conjoncture sociopolitique du pays.

Entre autres, en glissement annuel, le taux d’inflation devrait s’inscrire à 20.1% en septembre 2019 puis à 20.3% en octobre et novembre 2019.

« Cette situation risque d’accentuer l’attentisme et les anticipations négatives des
opératrices et opérateurs économiques, avec des incidences négatives, tant sur l’investissement que sur l’activité touristique », avertit la Banque de la république d’Haïti. [dj emb rc apr 15/11/2019 14:00]