Perspectives

Haïti-Crise : Tirs nourris d’armes à feu, au début de la 8e semaine de mobilisations contre Jovenel Moïse


lundi 4 novembre 2019

P-au-P, 04 nov. 2019 [AlterPresse] --- La tension reste palpable, avec les rafales incessantes et inquiétantes d’armes à feu, d’origine indéterminée, qui marquent le début de la 8e semaine de mobilisations, visant à obtenir la démission de Jovenel Moïse de la présidence politique, observe l’agence en ligne AlterPresse.

Depuis le dimanche 3 novembre 2019, les détonations répétées crépitent dans plusieurs quartiers, dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, mais également dans diverses villes en province.

A Delmas (municipalité au nord-est de la capitale), les tirs d’armes à feu continuaient encore, à 11:00 am locales (16:00 gmt), ce lundi 4 novembre 2019.

Avec la persistance de barricades très renforcées et surélevées, comprenant de grandes barrières métalliques, entre autres, la municipalité de Delmas est devenue comme un symbole de la résistance à la répression, que tentent d’exercer les unités de la Police nationale d’Haïti (Pnh) sur les protestataires.

Ce qui pousse les habitants et habitants à se demander jusqu’où les autorités comptent aller, en laissant la situation se détériorer, sans apporter les réponses satisfaisantes aux revendications populaires, qui s’intensifient à travers le territoire national, depuis le dimanche 15 septembre 2019.

Au niveau de Delmas 32, des agents de la Pnh ont lancé des gaz lacrymogènes, dans l’objectif d’enlever une grosse barrière de fer, dressée comme barricade.

Durant la 7e semaine de mobilisations contre Jovenel Moïse, de telles opérations policières avaient essuyé un échec patent, avec la remise des barricades par les protestataires, qui s’élèvent résolument contre l’attitude des dirigeants tèt kale au pouvoir.

Ce lundi matin 4 novembre 2019, des barricades, faites de pierres et de pneus usagés enflammés, sont remarquées, sur les routes nationales, en province ainsi qu’en divers endroits dans la capitale, notamment au niveau du carrefour des routes de l’aéroport international de Port-au-Prince et de Delmas, notamment Delmas 25, 27, 47, 40B.

Pendant que les tirs nourris d’armes à feu éclatent encore dans l’environnement, des pierres ont été lancées, tôt dans la matinée du 4 novembre 2019, sur les véhicules et les taxis-motos, qui tentaient de franchir les barricades, dressées à Delmas 30.

Les chauffeurs de taxis-motos ont alors, dû emprunter des raccourcis, pour éviter les barricades, installées sur une partie de la route de l’aéroport international de Port-au-Prince, à Delmas 27 et 29, entre autres.

De l’huile usagée a été déversée sur la route de Delmas 48, signalent des témoins.

Un mur a été dressé au niveau de Torcelle (à l’est de la capitale), près d’un lieu de lavage de véhicules.

Dans la municipalité de Carrefour (au sud de la capitale), les véhicules de transports en commun ont été contraints de contourner le Boulevard Harry Truman, communément appelé Bicentenaire, pour passer par la zone de Bolosse.

Les barricades installées ont été enlevées en divers endroits, notamment sur les routes de Bourdon et de Canapé vert.

Plusieurs barricades bloquent notamment les routes de Santo, dans la commune de Croix des Bouquets, à Tabarre 51, Carrefour Rita, Gérald Bataille, Carrefour Fleuriot,(au nord-est de Port-au-Prince), à Pèlerin et Montagne Noire (à l’est de la capitale).

Barricades sur les deux principales routes nationales, le lundi 4 novembre 2019

Des barricades, faites, notamment de pneus usagés enflammés obstruent, ce lundi 4 novembre 2019, les routes nationales No. 1 (en provenance et en direction du Nord d’Haïti) et No. 2 (en provenance et en direction du Sud d’Haïti), selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.

Sur la route nationale #1, des barricades de pneus usagés enflammés sont dressées, au niveau de Pivert et Chemin neuf, dans la commune de Saint Marc (dans le département de l’Artibonite, à 96 km au nord de Port-au-Prince).

Situation également de blocage au niveau du Morne Tapion, dans la commune de Petit-Goave, sur la route nationale #2 (département de l’Ouest, à 68 km au sud de la capitale).

Des pneus usagés enflammés sont également remarqués à Carrefour Desruisseaux, à Miragoane (département des Nippes, à 93 km au sud-ouest de Port-au-Prince).

Ce lundi 4 novembre 2019, sur le territoire national, des détaillantes et détaillants, dans la branche économique informelle, des bureaux et services divers, des entreprises, ont essayé d’ouvrir leurs portes, tout en restant dans l’expectative de refermer, à n’importe quel moment, au cas où la situation tendait à empirer, à devenir de nouveau plus dangereuse…

Globalement, l’accès reste toujours très compliqué pour les piétonnes et piétons, ainsi que pour les automoblistes et motocyclistes, sur différentes artères et sur les routes nationales à l’intérieur d’Haïti.

Entre-temps, les activités tardent à se normaliser en Haïti, particulièrement dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, au début d’une 8e semaine de mobilisations, pour continuer d’exiger la démission de Jovenel Moïse. [emb rc apr 04/11/2019 10:20]