Droits humains - Crise : Amnesty international dénonce le recours à une force excessive par la police nationale contre les manifestants en Haïti

P-au-P, 31 oct. 2019 [AlterPresse] --- L’organisation internationale de défense des droits humains, Amnesty international, demande aux autorités haïtiennes de mettre fin au recours illégal à la force contre les manifestantes et manifestants, dans un communiqué dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

35 personnes sont mortes pendant les six premières semaines (depuis le dimanche 15 septembre 2019) de manifestations anti-gouvernementales, relève Amnesty international, qui dit confirmer plusieurs cas de recours à une force excessive par la Police nationale d’Haïti (Pnh) .

Amnesty international réclame, sans délai, une enquête approfondie et efficace sur des atteintes aux droits humains, commises par les autorités haïtiennes, sur le recours à une force excessive par les forces de sécurité sous le commandement du président Jovenel Moïse.

Amnesty international exhorte Jovenel Moïse à « prendre des mesures, de toute urgence, pour veiller à ce que les personnes, manifestant contre son gouvernement, puissent le faire en toute sécurité, sans mettre leur vie en danger ».

La police nationale est également appelée à « cesser d’avoir recours à des armes à feu, chargées de balles réelles, dans le cadre des manifestations ».

« Des mesures spécifiques doivent être mises en œuvre pour garantir la sécurité des journalistes, travaillant sur la situation politique, et relative aux droits humains en Haïti ».

Des vidéos de plusieurs cas, dans lesquels la police a utilisé des armes à létalité réduite, sans discrimination et de manière illégale, ont été examinées par les chercheurs et le Service de vérification numérique d’Amnesty International.

Les agents de la Pnh ont notamment lancé « du gaz lacrymogène sur des manifestants pacifiques, depuis un véhicule de police en mouvement, en tirant des balles à létalité réduite sur les manifestants à bout portant et en frappant un manifestant ».

Des policiers nationaux, équipés d’armes semi-automatiques, ont tiré à balles réelles pendant des manifestations, bafouant ainsi le droit international relatif aux droits humains et les normes relatives au recours à la force, confirme Amnesty International.

Entre le lundi 16 septembre et le jeudi 17 octobre 2019, au moins 35 personnes mortes, dont neuf imputables à la police nationale, ont été recensées, dans le cadre des manifestations antigouvernementales, par le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh).

Pendant la même période, 200 personnes avaient été blessées, parmi lesquelles au moins huit journalistes.

Depuis le dimanche 15 septembre 2019, les mouvements de protestations, visant à exiger la démission de Jovenel Moïse de la présidence politique, se sont multipliés, à travers le territoire national, en Haïti. [emb rc apr 31/10/2019 15:50]