Perspectives

Haïti-Crise : Policières et policiers nationaux ont manifesté, le 27 octobre 2019, pour réclamer le droit de se syndiquer

Meilleurs traitements (salaires) et meilleures conditions de travail exigés
dimanche 27 octobre 2019

P-au-P, 27 oct. 2019 [AlterPresse] --- Des centaines de personnes, dont la plupart revendiquent être des agentes et agents de la Police nationale d’Haïti (Pnh), ont manifesté historiquement, ce dimanche 27 octobre 2019, à Delmas, Pétionville et Cap-Haïtien (à 248 km au nord de Port-au-Prince) pour réclamer le droit de se syndiquer et exiger de meilleures conditions de travail en faveur des policières et policiers nationaux, a observé l’agence en ligne AlterPresse.

Nou pa nan voye ale, nou pa nan mande rete, nou pa nan politik (Nous ne sommes ni pour le départ, ni pour le maintien, nous ne faisons pas de politique). Nous réclamons un changement de nos conditions de vie. Les policiers ne sont pas des esclaves. A bas les mauvais traitements des policiers. Pourquoi les policiers ne peuvent pas prêter de l’argent à l’Office national d’assurance vieillesse (Ona) ? », sont parmi les messages, véhiculés sur les pancartes, brandies par les manifestantes et manifestants policiers.

Ils donnent un délai, jusqu’au mercredi 30 octobre 2019 (minuit, heure locale = 4:00 gmt), pour la satisfaction de leurs revendications.

Sinon, ils passeront à une autre phase, ont-ils affirmé.

« Nous avons un plan B et un plan C », disent-ils.

En dépit d’une mise en garde du haut commandement de la Pnh, qui indique ne pas avoir été informé du mouvement envisagé de protestation dans les rues, les policières et policiers nationaux protestataires ont parcouru, notamment, la route principale de la municipalité de Delmas (au nord-est de la capitale), jusqu’à aboutir devant la Direction générale de l’institution policière, sise à Pétionville (à l’est de la capitale), où ils ont exposé leurs revendications.

Ils demandent une révision des statuts et des règlements de discipline, au sein de la Pnh, une augmentation substantielle de leurs traitements et de leurs frais de fonctionnement.

Ils réclament également justice et réparation pour les policiers nationaux, tués dans l’exercice de la police, ainsi que la prévision d’une indemnité substantielle, à verser aux parents de policières et policiers nationaux, qui seraient décédés en cours de missions de « protéger et servir ».

Les demandes des policières et policiers nationaux, qui ont manifesté, dans les rues, le 27 octobre 2019, concernent une couverture sociale et une assurance appropriées.

Ils ont, d’autre part, critiqué l’absence de dispositions institutionnelles adéquates, pour assurer le suivi judiciaire de bandits armés, qu’ils arrêtent régulièrement, mais qui se retrouvent, très souvent et malencontreusement, libérés…

Interrogés par les journalistes sur place, la plupart ont reconnu avoir pris le risque de manifester dans les rues et de revendiquer le droit de se syndiquer.

Ce que ne reconnaît point la loi de fonctionnement de la Police nationale d’Haïti, contrairement aux prescriptions de la Constitution, qu’ils ont évoqué Durant leur manifestation du dimanche 27 octobre 2019.

« Nous n’avons pas peur d’éventuelles représailles de l’Inspection générale de la Pnh, comme la possibilité, pour celles et ceux d’entre nous, qui produisent ces revendications, d’être révoqués de la police nationale », ont-ils déclaré.

Les uns portaient des maillots ou des chemises de couleur blanche. Les autres portaient l’uniforme de l’unité, à laquelle ils appartiennent.

Beaucoup des manifestants policiers avaient dissimulé leurs visages, pour des raisons qu’ils n’ont pas précisées.

La marche a terminé sa course, sans incidents, peu avant 2:00 pm locales (18:00 gmt), après l’exposé des principales revendications des policières et policiers nationaux, devant le siège de la Direction générale de la Police nationale d’Haïti.

Cette manifestation historique, à Delmas, Pétionville et Cap-Haïtien, de policières et policiers nationaux, revendiquant en faveur du droit de se syndiquer et de meilleurs traitements et de meilleures conditions de travail, a eu lieu, ce dimanche 27 octobre 2019, dans un contexte de paralysie générale des activités, sur le territoire national, depuis 6 semaines.

Ce 27 octobre 2019 marque, justement, le début de la septième semaine de mobilisation générale pour la démission de Jovenel Moïse de la présidence politique en Haïti.

Depuis le dimanche 15 septembre 2019, les policières et policiers nationaux sont quotidiennement sollicités, à l’occasion de ces multiples manifestations populaires, parfois violentes, contre Jovenel Moïse et son équipe tèt kale au pouvoir. [emb rc apr 27/10/2019 14:30]