Dépêches

Haïti-Crise : Des étudiantes et étudiants de l’Ueh en grève de faim dénoncent des actes d’intimidation à leur encontre


jeudi 24 octobre 2019

P-au-P, 23 oct. 2019 [AlterPresse] --- Les étudiantes et étudiants de la Faculté de droit et des sciences économiques (Fdse) de l’Université d’État d’Haïti (Ueh), en grève de faim, depuis le dimanche 13 octobre 2019, au local de ladite institution, seraient victimes d’actes d’intimidation.

C’est ce qu’a fait savoir l’un des grévistes de faim, Mackenson Jean, étudiant en sciences juridiques à la Fdse, en marge d’une conférence de presse du comité central de la Fdse, donnée ce mercredi 23 octobre 2019 et à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

Des individus non identifiés lancent des pierres sur la salle, où se trouvent les étudiantes et étudiants grévistes, cassent des vitres et défoncent les portes d’autres salles de la faculté.

Des tirs nourris d’armes à feu sont également entendus, à proximité de la Fdse.

La police nationale n’a fait aucune intervention jusqu’à présent, malgré qu’elle ait été informée de la situation, déplore l’étudiant gréviste de faim Mackenson Jean.

Les étudiantes et étudiants sont une douzaine, dont 10 hommes et 2 femmes, allongés sur des draps, l’un à côté de l’autre, dans une salle où des bouteilles de sérum sont accrochées au mur.

A même le sol, des paquets de sérum oral sont éparpillés, çà et là, ainsi que des bouteilles d’eau.

« A bas le système qui appauvrit la jeunesse » !, « La jeunesse souhaite la tenue du procès PetroCaribe » !, « les coupables doivent être jugés », pouvait-on lire sur des affiches, placardées sur les murs.

L’état de santé de certains de ces grévistes de faim se détériore.

« En ce moment, certains d’entre nous ont des boutons sur la peau, d’autres de la diarrhée. C’est pour cela que la Croix-Rouge les ont transportés à l’hôpital Saint-François de Sales pour les faire soigner », confie Mackenson Jean.

Les étudiantes et étudiants grévistes réaffirment leur détermination à poursuivre cette grève de faim illimitée, jusqu’à la démisssion du président Jovenel Moïse.

Le comité central des étudiantes et étudiants de la Fdse condamne l’indifférence des autorités étatiques, face à la dégradation de la santé des étudiantes et étudiants, en grève de faim depuis déjà 10 jours (dimanche 13 octobre 2019), en vue d’exiger la démission sans conditions de Jovenel Moïse.

Est-ce qu’un mandat présidentiel a plus de valeur que la vie des citoyennes et citoyens ?, se demande Daniel Grégoire, coordonnateur général du comité central de la Faculté de droit et des sciences économiques de l’Université d’État d’Haïti. [mj emb rc apr 23/10/2019 16:50]