Dépêches

Haïti-Crise : Le Secteur dit démocratique et populaire condamne l’assassinat par balles d’un jeune militant politique


mercredi 9 octobre 2019

P-au-P, 08 oct. 2019 [AlterPresse] --- Le porte-parole du Secteur dit démocratique et populaire, Michel André, condamne l’assassinat par balles d’un militant politique « bien connu et très engagé », surnommé Ronald, dans une note dont a pris connaissance AlterPresse.

Ce jeune homme a été tué par balle, dans l’après-midi du lundi 7 octobre 2019, au Champ de Mars (principale place publique dans la capitale), lors d’une vive tension éclatée, après un affrontement entre des manifestants, qui réclamaient la démission de Jovenel Moïse, et des individus se réclamant du Parti haïtien tèt kale (Phtk).

La victime était membre d’une organisation de Petrochallengers, dénommée « challenger populaire », signataire de l’Alternative consensuelle pour la refondation de la nation.

Suite à cet assassinat, Michel André annonce le dépôt d’une plainte, assortie d’une demande de mesures administratives conservatoires, à l’Inspection générale de la Police nationale d’Haïti (Igpnh), contre le policier Mario Aubergiste.

Selon les premières informations, le militant politique a été assassiné par des groupes armés, proches du pouvoir, agissant sous la direction du responsable de la Direction centrale de la police administrative (Dcpa), le policier Mario Aubergiste, accuse-t-il.

« Les informations laissent croire que ce sont les mêmes personnes, qui ont assassiné le Jeune Badou de ‘baz 47’ et d’autres citoyens, pendant cette période de mobilisation, qui en sont à l’origine », ajoute-t-il.

Un délai de 72 heures a été accordé à l’Inspection générale de la Police nationale d’Haiti (Igpnh) pour adopter des mesures conservatoires contre Mario Aubergiste, en attendant l’aboutissement de l’enquête administrative.

Dans l’hypothèse où rien n’est fait dans le délai imparti, le responsable de l’Igpnh sera lui-même considéré comme complice de tous les cas d’assassinats, d’abus de pouvoir et de violation de droits humains, commis dans le pays, à l’occasion des dernières manifestations de l’opposition, conclut Michel André.

Le dernier bilan du Réseau national de défense des droits humains (Rnddh), concernant l’insurrection en Haïti, pour la période allant du 16 au 30 septembre 2019, fait état d’au moins 17 morts dont 15 par balles.

Les activités demeurent encore paralysées, ce 8 octobre 2019, notamment dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, durant la quatrième semaine de mobilisations, visant à exiger le départ sans conditions du président Jovenel Moïse. [mff emb gp 08/10/2019 15:30]