Dépêches

Haïti-Crise : Gary Bodeau appelle à un dialogue entre Haïtiens, sans recours aux étrangers

L’ex-député de Verrettes, Vikens Dérilus, y voit une acrobatie politique
mardi 8 octobre 2019

P-au-P, 07 oct. 2019 [AlterPresse] --- Le président de la chambre des députés, Gary Bodeau, souhaite un dialogue entre Haïtiennes et Haïtiens, sans recours aux étrangers, en vue de sortir le pays de l’impasse actuelle.

« La méthode, qui consiste à avoir recours aux étrangers, pour faciliter le dialogue entre Haïtiens, est aussi dépassée tout comme le système », exprime-t-il, dans une lettre en date du dimanche 6 octobre 2019, adressée aux protagonistes socio-politiques et culturels et dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

« Seul un dépassement des acteurs, en dépit de leurs divergences, peut aider les citoyens et citoyennes à regagner confiance dans le devenir du pays », estime Gary Bodeau.

« Nous ne sommes pas loin du chaos et du désordre généralisé », alerte le député de Delmas, appelant les protagonistes à un compromis patriotique.

Pour sa part, intervenant à l’émission FwoteLide sur AlterRadio 106.1 Fm, l’ancien député de Verrettes, Vikens Dérilus, assimile la déclaration de Gary Bodeau à un démarquage discursif.

« C’est un type très intelligent, qui a appris très vite » comment effectuer des acrobaties politiques à l’haïtienne. « Nous sommes face à une série de mesquins, de magouilleurs et de mercenaires », met-il en garde.

Dérilus souhaite un départ ordonné de Jovenel Moïse, de plus en plus décrié pour sa mauvaise gestion de la chose publique.

Ce lundi 7 octobre 2019, de nouvelles protestations pour exiger le départ du président Jovenel Moise, ont lieu à Port-au-Prince, Pétionville et Delmas.

Il y a eu également des manifestations aux Cayes (principale ville du département du Sud d’Haïti), aux Gonaïves (à 171 km au nord de Port-au-Prince), à Jacmel (Sud-Est), à Port de Paix (département du Nord-Ouest), à Miragoane (département des Nippes, une partie du Sud-Ouest d’Haïti) et à Léogane (à une trentaine de km au sud de la capitale), sur la route nationale No. 2 (en provenance et en direction du Sud d’Haïti).

Les activités demeurent encore paralysées, notamment dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, au début d’une quatrième semaine de mobilisations visant à exiger le départ sans conditions de Jovenel Moïse. [gc emb gp apr 10/07/2019 15:45]