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Haïti-RD : Le jour où le gouvernement dominicain a privé la communauté dominico-haitienne de son humanité

Par Vialcary CrisóstomoTejada*

Soumis à AlterPresse le 22 septembre 2019

Introduction

En République Dominicaine, la recherche d’une identité nationale est axée sur des notions de race qui conduisent à la marginalisation de sujets-autres et à la réduction au silence de leurs connaissances considérées comme étrangères à l’identité nationale. Le concept de « dominicanité » est lié à un discours sociopolitique négrophobe et anti-haïtien. La plus récente répercussion de ce discours est la décision (n° 168-13) rendue par la Cour constitutionnelle de la République Dominicaine en 2013. Cette décision révoque la citoyenneté dominicaine à 250. 000 dominicain-haïtiens, et rend les membres de cette communauté apatrides. C’est par le biais de politiques raciales, comme cette décision, que le gouvernement dominicain construit des paradigmes raciaux qui convertissent les immigrants haïtiens et la population dominico-haitienne en sujets subordonnés sur les plans racial et économique.

Cet essai analysera les raisons historiques et économiques du sentiment anti-haïtien qui régit le discours politique dominicain. Je me concentrerai sur la manière dont l’identité nationale dominicaine cherche à se définir en opposition à l’identité haïtienne et comment cette définition de la « dominicanité » conduit à l’exclusion des corps noirs de l’identité nationale — y compris des corps noirs dominicains. Au-delà de l’effet identitaire du discours négrophobe dominicain, j’examinerai en quoi les politiques anti-haïtiennes établies par le gouvernement dominicain, en particulier la décision n°168-13, poursuivent un objectif socio-économique. En dialoguant avec les théories de « construction nationale », de « racisation », de « pouvoir symbolique » et de « précarité », j’analyserai les deux principaux objectifs du discours racial de République Dominicaine ; premièrement, l’insertion de l’identité nationale dans le discours dominant et deuxièmement, le flux continu d’une main-d’œuvre bon marché. Le discours négrophobe qui définit l’identité nationale de République Dominicaine et son expression ultime, la décision, « désidentifie » l’héritage africain de l’histoire de l’île et désarticule les identités afro du discours national afin de déshumaniser les populations haïtienne et dominico-haitienne, en les plaçant dans ce que Fanon appelle la zone de non-être [1].

Contexte historique : le discours racial dominicain

L’histoire de l’île Hispaniola se caractérise par la relation complexe entre ses deux nations. Durant la dictature de Rafael Leonidas Trujillo (1930-1961), cette relation était définie par des idéologies d’exclusion qui promouvaient une différence raciale supposée entre les dominicains et les haïtiens. Cette rhétorique raciale de Trujillo soutenait que le flux migratoire haïtien vers la République Dominicaine est la cause de la contamination raciale de la nation dominicaine. Capitalisant sur la rancune historique que la République Dominicaine éprouve depuis l’annexion haïtienne de 1822, la dictature décrit la nation voisine haïtienne comme une force d’invasion menaçant constamment la souveraineté de la République. Selon Trujillo, la nation dominicaine devait défendre sa race blanche de la race noire, qui envahissait la République Dominicaine, et ainsi garantir la liberté et la souveraineté de la nation. C’est ce discours politico-racial, conjugué à des actes de violence étatique, comme le massacre de 1937, qui systématise et institutionnalise une rhétorique anti-haïtienne au sein de la nation dominicaine.

Les idéologies raciales qui se sont matérialisées pendant le régime de Trujillo continuent de marquer le discours politique, social et économique de la République Dominicaine. Conformément aux critiques dominicains Silvio Torres-Saillant et Néstor Rodriguez, l’imaginaire national dominicain se centre sur une vision eurocentrique qui conduit le peuple dominicain à se définir comme non-africain et à décrire Haïti comme « l’autre ». Cet « autre » haïtien, qui est articulé en termes raciaux, est constamment relatée par l’intelligentsia de la nation dominicaine, normalisant ainsi un discours raciste et antinoir qui définit la « dominicanité » comme non-haïtien. Homi Bhabha explique que, à travers le processus de « mimétisme », les nations postcoloniales construisent leurs identités [2].

Dans le cas de la République Dominicaine, l´actuel rhétorique national est fondé sur un exercice mimétique des pratiques hispanophiles et la nation se décrit comme détentrice de caractéristiques eurocentrique. Ce désir de ressembler aux colonisateurs découle du besoin des sujets marginalisés de ne pas être perçus comme les « autres », mais plutôt comme des membres de la société dominante. L’idée d’une République Dominicaine non-noire repose sur un discours racial hiérarchisé qui positionne l’immigrant haïtien et le dominicain-haïtien dans un espace subalterne, dans la zone de non-être. En définissant la « dominicanité » par des politiques raciales où le noir est conçu comme l´étranger, les corps noirs de la nation dominicaine sont marqués par la notion de non-appartenance à l’identité nationale. En excluant les sujets noirs — haïtiens, dominicain-haïtiens et dominicains— du discours national, la République Dominicaine s’exprime en tant que nation blanque et donc comme membre du discours dominant transnational.

L’exclusion du sujet noir du discours de « dominicanité » se réalise à travers l’articulation d’un langue raciste et négrophobe qui méprise et aliène le noir. Selon Frantz Fanon, c’est à travers la langue que se forment les identités et que la division du pouvoir est possible. Fanon soutient que la langue est utilisée comme une méthode d’endoctrinement pour inculquer à la population une identité culturelle spécifique, réaffirmant la division du pouvoir et légitimant le discours national. Dans cette quête de « non-haïtianisation » de la République Dominicaine, le peuple dominicain est endoctriné par un langage qui réaffirme le discours racial dominant et inculque l’idée erronée chez le peuple de Quisqueya qu’ils font partie de la culture du maître et non de celle de l’esclave.

Cette rhétorique anti-haïtienne et négrophobe prônée par le discours national dominicain se propose deux objectifs : premièrement, l’acquisition d’un pouvoir symbolique pour le peuple dominicain et, deuxièmement, le positionnement du sujet noir, le Haïtien, dans un état de précarité. Comme l’explique Pierre Bourdieu en La Distinction : critique sociale du jugement (1979), le pouvoir symbolique renvoie à la notion qu’il existe des facteurs culturels et sociaux qui positionnent des individus dans différents espaces de la hiérarchie du pouvoir. Il existe plusieurs facteurs qui renforcent le pouvoir symbolique, parmi eux, la race. Par le biais de l’exercice du pouvoir symbolique, la force dominante crée des disciplines qui perpétuent la répartition inégale du pouvoir. Selon Bourdieu, les luttes dont l’enjeu est tout ce qui, dans le monde social, est de l’ordre de la croyance, du crédit et du discrédit, de la perception et de l’appréciation, de la connaissance et de la reconnaissance, nom, renom, prestige, honneur, gloire, autorité, tout ce qui fait le pouvoir symbolique comme pouvoir reconnu, ne concernent jamais que les détenteurs « distingués » et les prétendants « prétentieux » (281).

Dans le cas de la République Dominicaine, le pouvoir symbolique s’acquiert sur la base d’un discours racial qui octroie au peuple dominicain les caractéristiques raciales du discours dominant et aux haïtiens celles de la race marginalisée. De même, dans ce narratif racial, la nation dominicaine est représentée comme la force détentrice dudit pouvoir symbolique et Haïti comme le provocateur.

Au-delà des effets identitaires du discours racial dominicain sur l’imaginaire national, la marginalisation des haïtiens dans la République Dominicaine comprend une composante économique importante. Selon Judith Butler, il existe des vies qui sont dans un état de précarité. Dans cet état de précarité, ces vies ne sont pas perçues comme étant des vies et le sujet est dénué de toute valeur. Butler soutient qu’il y a des vies qui ne peuvent pas être « apprehended as injured or lost if they are not first apprehended as living. If certain lives do not qualify as lives or are, from the start, not conceivable as lives within certain epistemological frames, then these lives are never lived nor lost in the full sense » [3], articulant ainsi les communautés marginalisées comme « subjects who are not quite recognizable as subjects » [4] (Butler 1 et 4). Cet état de précarité conduit à la violence et à la vulnérabilité physique des sujets autres et découle de cadres sociaux, comme la race, qui créent une hiérarchie des humanités dans laquelle certaines vies sont lamentables et d’autres sans importance. Ces cadres créent des discours d’intelligibilité qui divisent le monde selon une dichotomie du compressible et de l’incompressible. En vertu de cette intelligibilité, certains sujets sont socialement et politiquement condamnés à « l’incompression » et sont donc exposés à la définition de leur vie comme étant écartables. En République Dominicaine, les haïtiens et les dominicain-haïtiens sont des sujets inintelligibles, ce qui les positionne dans un état de précarité qui en fait un groupe socialement, politiquement et économiquement dépendant. Cette dépendance permet à l’État de disposer de ces corps selon les besoins économiques et sociopolitiques de la nation sans aucune forme de responsabilité politique ou éthique à leur égard.

La précarité fait de l’haïtien et du dominicain-haïtien, selon le terme de Butler, « ungrievable » — non regrettable —, ce qui donne à l’État un contrôle total sur ces sujets et, par conséquent, légitime la construction d’une force exploitable bon marché. Selon Fanon, les divisions raciales existantes sont avant tout un acte économique, garantissant un flux économique et une répartition inéquitable des ressources. Fanon soutient que,

Ce monde compartimenté, ce monde coupé en deux est habité par des espèces différentes. L’originalité du contexte colonial, c’est que les réalités économiques, les inégalités, l’énorme différence des modes de vie ne parviennent jamais à masquer les réalités humaines. Quand on aperçoit dans son immédiateté le contexte colonial, il est patent que ce qui morcelle le monde c’est d’abord le fait d’appartenir ou non à telle espèce, à telle race. Aux colonies, l’infrastructure économique est également une superstructure. La cause est conséquence : on est riche parce que blanc, on est blanc parce que riche. C’est pourquoi les analyses marxistes doivent être toujours légèrement distendues chaque fois qu’on aborde le problème colonial (43).

En décrivant la race noire comme étant subordonnée, le discours national dominicain articule non seulement une position socioculturelle pour l’Haïtien, mais également une position économique. En République Dominicaine, le corps noir n’étant pas intelligible — c’est-à-dire qu’en vertu d’une idéologie raciale de suprématie blanche, le sujet noir est décrit comme méconnaissable et illégitime —, il est dévalorisé et devient un objet de production sans droits ni participation politique ou économique. Donc la rhétorique nationaliste anti-noire crée une division raciale et de classe entre le sujet haïtien noir et pauvre et le sujet dominicain blanc et riche, qui marginalise l’haïtien et rend invisible le dominicaine noir et pauvre.

Industrie du sucre et citoyenneté

La décision n° 168-13 est avant tout une réforme migratoire et de la citoyenneté qui garantit l’articulation de l’immigrant haïtien et du citoyen dominicain-haïtien comme étant des corps inintelligibles sur les plans racial et économique. À partir d’une perspective marxiste, la rhétorique raciale de cette loi ne peut être comprise sans analyser sa pertinence économique. Comme loi migratoire et sur la citoyenneté, la décision facilite la disponibilité d’une main-d’œuvre bon marché pour l’industrie sucrière de la République Dominicaine. Depuis que l’industrie sucrière a été consolidée, des travailleurs haïtiens sont allés en République Dominicaine en tant que braceros pour travailler dans les champs de canne à sucre privés et publics, et beaucoup y sont restés pour y vivre de manière permanente. Le discours négrophobe et anti-haïtien de la nation est soutenu par les compagnies sucrières, notamment Central Romana, qui produit plus de 70% du sucre du pays et emploie une partie de ces travailleurs. Central Romana indique sur site Web que,

A partir de 1990 el Central Romana se embarcó en un intenso programa de mecanización de las labores de corte y tiro de caña, con el que ha logrado que un 50% de toda la caña producida sea de manera automática, lo que eliminó la dependencia del uso de la mano de obra extranjera para estas labores, en especial de los braceros haitianos (s.p). [5]

En 2013, Central Romana [6] employait 25.000 personnes, dont la grande majorité dans ses plantations de canne à sucre (Perez s.p). Le nombre exact de travailleurs haïtiens dans Central Romana est inconnu. Toutefois, compte tenu du fait que la majorité des presque un million de travailleurs haïtiens en République Dominicaine travaillent dans l’industrie du sucre et que Central Romana emploie le plus grand nombre de personnes dans cette industrie, on peut en déduire qu’une grande partie des travailleurs haïtiens sont employés par cette société. Malgré le fait qu’une grande partie de ses profits millionnaires soit le résultat du travail acharné des Haïtiens, Central Romana adhère au discours nègre et anti-haïtien de la nation et décrit l’utilisation des travailleurs haïtiens comme un désavantage économique et moral pour le pays.

Les conditions dans lesquelles travaillent les braceros haïtiens et leurs conditions de vie dans les bateyes sont déplorables, insalubres et constituent une violation incontestable du droit du travail et des droits humains. Avec des salaires compris entre 3,34 et 11 dollars par jour, les braceros haïtiens en République Dominicaine représentent, selon l’ONU, « one of the most widely documented instances of coercive labour contracting over the past two decades » [7] (Brackens.p). Bourdieu soutient que « economic power is first and foremost a power to keep economic necessity at arm’s length » [8] (55). Dans le cas de l’industrie sucrière en République Dominicaine, le fait de priver le travailleur haïtien de tous ses droits, de son humanité, garantit une main-d’œuvre peu coûteuse et dépendante. Une main-d’œuvre toujours disponible pour les besoins économiques de l’État et crée un système de plus-value qui enrichit les entreprises et le pays alors que en appauvrissant le travailleur. C’est en raison de ce discours négrophobe et anti-haïtien que le travailleur haïtien en République Dominicaine devient invisible dans l’identité dominicaine et, par conséquent, autorise l’État et l’industrie sucrière à légitimer un système économique racial qui crée des mécanismes de domination et de subjugation. Ce discours racial à but lucratif est attesté par des lois comme la décision n° 168-13.

En se basant sur l’article 18 de la Constitution de la République Dominicaine de 2010, la Cour constitutionnelle de la République Dominicaine révoque la citoyenneté aux descendants haïtiens nés en République Dominicaine sous prétexte que leurs parents sont considérés comme des immigrants sans papiers ou « en transit ». Cependant, selon la Constitution, la nationalité dominicaine est accordée à deux groupes principaux : premièrement, les fils et filles d’une mère ou d’un père dominicain, et deuxièmement,

Las personas nacidas en territorio nacional, con excepción de los hijos e hijas de extranjeros miembros de legaciones diplomáticas y consulares, de extranjeros que se hallen en tránsito o residan ilegalmente en territorio dominicano. Se considera persona en tránsito a toda extranjera o extranjero definido como tal en las leyes dominicanas (5-6) [9].

La décision demande également la déportation de « todo los haitianos que hayan cruzado la frontera, incluso legalmente, después de 1929 » [10] (Tremblay 8 : 06min). Avec cette loi migratoire et sur la citoyenneté, la République Dominicaine laisse quatre générations d’haïtiens et de dominicain-haïtiens sans citoyenneté et sans statut juridique, et donc sans voix dans le discours socio-politique et économique de la nation dominicaine.

Par le biais d’un discours qui justifie l’anti-haïtianisme comme nécessité politique pour garantir la souveraineté de la République, la rhétorique nationaliste forge une identité dominicaine qui se désidentifie de son héritage africain et articule l’identité haïtienne comme étant « l’autre ». Sur la base de cette prétendue altérité, l’État dominicain situe l’haïtien dans un état de précarité constant et, par conséquent, facilite le flux de travailleurs que les plantations de canne à sucre peuvent utiliser comme des objets jetables. L’anti-haïtianisme et les innombrables difficultés rencontrées par les haïtiens et les dominicain-haïtiens en République Dominicaine, allant de conditions de travail inhumaines, de salaires bien en deçà du salaire minimum national, de violences physiques et verbales, jusqu’à la dépossession récente de leur statut juridique, représentent des structures de pouvoir qui ont été établies pour faire de l’immigrant haïtien une masse de productivité économique exploitable.

L’articulation de l’imaginaire national dominicain à partir de cette perspective raciale est un acte politique qui établit des hiérarchies de pouvoir social, politique et économique sur l’île. La décision n° 168-13 est une stratégie du gouvernement dominicain visant à maintenir l’anti-haïtianisme qui sert de base pour la dominicanité et qui soutient les structures de classe nécessaires au développement économique de la nation grâce à l’exploitation de « sujets-autres ». La décision n’est pas seulement une loi de citoyenneté et d’immigration, mais surtout un discours politique et un mécanisme de pouvoir cherchant à maintenir les cadres identitaires et socio-économiques qui font en sorte que la partie orientale de Hispaniola peut être conçue comme l’État-nation de la République Dominicaine, une nation ayant la plus grande économie des Caraïbes et celle détenant la plus forte croissance en Amérique latine.

En privant les haïtiens et les dominicain-haïtiens de leur statut juridique, la décision définit ces sujets comme des non-personnes. Hannah Arendt affirme que la notion de droits humains repose sur l’hypothèse selon laquelle chaque individu est un citoyen d’un État-nation, et que la non-citoyenneté entraîne irrévocablement la perte des droits humains. C’est le cas des apatrides dominicain-haïtiens en République Dominicaine. Arendt explique que ces apatrides « find themselves in a fundamental condition of rightlessness, which results from the loss of a political community that could recognize their legal, political and human standing » [11]
(Gündogdu 108). C’est-à-dire qu’en privant la population dominicaine-haïtienne de sa citoyenneté, le gouvernement dominicain tente de priver cette communauté de son humanité et de son droit d’avoir des droits, et relègue le peuple dominicain-haïtien à un espace où sa personne est inintelligible. Au-delà des implications politiques et économiques évidentes découlant de la décision, il est important de reconnaître que le fait de convertir des sujets en apatrides est principalement un acte de réduction au silence. En retirant la citoyenneté à cette communauté, le gouvernement dominicain lui a arraché sa voix identitaire et sa voix politique. Le discours négrophobique dominicain et les lois sur la migration et la citoyenneté qui le soutiennent, comme la décision, établissent les mythes fondateurs de la notion de dominicanité, et adhèrent à la logique capitaliste de la productivité et des profits menant au la marginalisation et l’exploitation de sujets précaires.

*Doctorant en anthropologie à l’Université de Connecticut

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Bibliographie

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[1Fanon discute la zone de non-être dans ce texte Les damnes de la terre (1963)

[2Bhabha analyser la notion de « mimétisme », in The Location of Culture (1994).

[3Traduction : « appréhendés comme blessés ou perdus s’ils ne sont pas appréhendés au préalable comme vivants. Si certaines vies ne sont pas qualifiées de vies ou ne sont, dès le départ, pas concevables comme des vies dans certains cadres épistémologiques, ces vies ne sont jamais vécues ni perdues au sens plein »

[4Traduction : « sujets qui ne sont pas tout à fait reconnaissables en tant que sujets ».

[5Traduction : « À partir de 1990, Central Romana s’est lancée dans un intense programme de mécanisation du travail de coupe et de tir de la canne, grâce à laquelle 50% de la canne produite est automatiquement obtenue, ce qui élimine la dépendance de l’utilisation de main-d’œuvre étrangère pour ces tâches, en particulier des braceros haïtiens ».

[6Central Romana c’est une entreprise agricole et touristique fondée en 1912. C’est l’un des plus grands producteurs de sucre en la République Dominicaine.

[7Traduction : « l’un des cas les plus documentés d’embauche de main-d’œuvre forcée »

[8Traduction : « Le pouvoir économique est avant tout un pouvoir de maintenir la nécessite économique à distance ».

[9Traduction : « Les personnes nées sur le territoire national, à l’exception des fils et filles de membres étrangers des missions diplomatiques et consulaires étrangères, des étrangers en transit ou qui résident illégalement sur le territoire dominicain. Tout étranger ou tout étranger défini comme tel en droit dominicain est considéré comme une personne en transit ».

[10Traduction : « tous les Haïtiens qui ont traversé la frontière, même légalement, depuis 1929 ».

[11Traduction : « Se retrouvent dans une condition fondamentale d’injustice, résultant de la perte d’une communauté politique qui pourrait reconnaitre leur statut juridique, politique et humain ».