Perspectives

Haïti-Inondations : Les sinistrés de Petit-Goave se sentent abandonnés


vendredi 20 septembre 2019

P-au-P., 20 sept. 2019 [AlterPresse] --- La situation devient intenable à Petit-Goâve (Ouest) où l’assistance publique ne parvient toujours pas, trois jours après les inondations du 18 septembre, qui ont fait 2 morts, 4 disparus, d’importants dégâts au niveau des infrastructures, de la flore et de la faune, observe AlterPresse.

« Nous sommes encore au stade d’évaluation et nous ne pouvons faire aucune intervention, car il n’y a aucun moyen », déplore Délors Desgranges, dans une interview téléphonique accordée à la station privée AlterRadio 106.1 FM. 

Certaines autorités centrales nous ont appelé, mais aucun signal concret n’a été donné, ajoute le maire, soulignant que 123 familles totalisant environ 600 personnes sont hébergées provisoirement au lycée Faustin Soulouque.

240 maisons ont été inondées, 55 endommagées et 30 complètement détruites, selon un relevé provisoire de la mairie.

Le maire dresse également un sombre bilan en termes de têtes de bétail emportées, cochons, chèvres et bœufs noyés et jardins dévastés.

Les premiers secours ont été apportés par la mairie, l’église catholique et des notables de la ville, rapporte à AlterRadio l’enseignant Jacob Jean-Jacques, qui qualifie la situation de désolante et triste.

Le leader communautaire Johnny Alfred, estime que 85% de la ville sont sous les eaux et les gravats. Il indique à AlterRadio que la pénurie de carburant handicape le déploiement des opérations, car les équipements lourds de la mairie ne peuvent pas être renfloués.

D’autre part, explique-t-il, des opérateurs ne veulent pas prendre le risque de mettre sur les routes des camions de produits dans un contexte volatile, où de violentes protestations contre la pénurie d’essence et en faveur de la démission du président Jovenel Moïse se multiplient.

Méviel, un maçon, père d’une famille de 6 personnes, s’insurge contre les conditions dans lesquelles les sinistrés sont hébergés. « Ce sont des conditions, dans lesquelles on ne devrait pas garder les animaux. En tant qu’humain, je ne peux accepter cela », se révolte-t-il, se disant prêt à aller manifester pour que le gouvernement fournisse l’assistance nécessaire.

Le maire adjoint réitère son appel à l’État central en vue d’apporter de l’aide, notamment, de la nourriture, de l’eau, des kits hygiéniques à la population sinistrée, et des matériels pouvant réparer les infrastructures endommagées.

Le drame résulte de l’irresponsabilité des autorités qui n’ont pas su mettre en place des mesures de politique environnemental, établir un système de canalisation adéquate et protéger les digues, accusent des citoyens de Petit-Goâve.

Une zone de basse pression située au sud du bassin de la Caraïbe génère depuis plusieurs jours un temps très instable avec des averses orageuses fréquentes sur la quasi-totalité du pays, selon l’Unité hydrométéorologique d’Haïti (Uhm). Vu le niveau de saturation du sol qui est très élevé sur plusieurs départements, des cas d’inondations allant de modérées à fortes peuvent atteindre des régions à hauts risques au cours de ce week-end, prévient-elle.

A Ganthier, autre commune de l’Ouest, de nombreuses pertes et d’importants dégâts matériels ont aussi été enregistrés.

Joint au téléphone par AlterPresse, le maire adjoint Jean Viloner Victor informe que les données ne sont pas encore chiffrées, mais assure que la protection civile s’active.

Jean Viloner Victor déplore le non curage de la rivière qui traverse la région. Le dernier curage remonte à la période de la première présidence de René Garcia Préval (2006-2011). [apr 20/09/2019 16:00]