Perspectives

Corruption : Un an après, le mouvement citoyen PetroCaribeChallenge toujours mobilisé pour des redditions de comptes publics en Haïti


mardi 27 août 2019

P-au-P, 27 août 2019 [AlterPresse] --- Le mouvement citoyen PetroCaribeChallenge entend rester mobilisé jusqu’à ce que lumière soit faite autour du dossier relatif à la gestion des fonds publics PetroCaribe d’aide vénézuélienne à Haïti.

Le Groupe des PetroChallengers Nou p ap dòmi a demandé à la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (Cscca) d’apporter des réponses à leurs revendications en faveur de la lutte contre la corruption et contre l’impunité, dans une lettre, en date du 24 août 2019, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Nou p ap dòmi appelle la Cscca à publier le reste du rapport, soit 25% de dossiers à traiter, relatif à la gestion des fonds PetroCaribe, de l’aide vénézuélienne à Haïti.

De hauts fonctionnaires de l’État et plusieurs firmes sont indexés dans deux rapports de la Cscca, publiés respectivement les 31 janvier et 31 mai 2019.

Les moments forts du mouvement PetroCaribeChallenge

Le défi ’’PetroCaribeChallenge’’ a été lancé sur Internet, le mardi 14 août 2018, par le cinéaste haïtien, Gilbert Mirambeau Jr, avec le slogan Kote Kòb Petwokaribe a ? (Où est l’argent des fonds Petrocaribe ?).

Repris et divulgué par le rappeur Valckensy Dessin, dit K-libr, le #hashtag est devenu viral sur Twitter, Facebook et Instagram. Plusieurs millions de citoyennes et citoyens l’ont également repris.

Un groupe de citoyennes et de citoyens a organisé, le 24 août 2018, un sit-in devant les locaux de la Cscca pour demander « Où est l’argent PetroCaribe ».

Le 2 septembre 2018, un autre groupe de citoyens ont réalisé la première manifestation #PetroCaribeChallenge.

A l’occasion du 212e anniversaire de l’assassinat de Jean -Jacques Dessalines, fondateur de la nation haïtienne, une marée humaine est descendue dans les rues, à Port-au-Prince ainsi que dans diverses villes en province, le mercredi 17 octobre 2018, dans le cadre de ce mouvement, pour demander des comptes sur l’utilisation des fonds publics PetroCaribe d’aide vénézuelienne à Haïti.

Dans la même optique, des citoyennes et citoyens ont tenu, du jeudi 20 au samedi 22 décembre 2018 (2 nuits et 3 jours), un sit-in devant les locaux de la Csc/Ca.

A l’occasion de la fête de l’indépendance d’Haïti, le 1er janvier 2019, ils se sont encore rassemblés pour partager la soupe au giraumont et réfléchir sur la lutte contre la corruption.

Une manifestation a eu lieu, le jeudi 7 février 2019, pour continuer d’exiger la tenue du procès PetroCaribe, à l’occasion du 33e anniversaire de la chute des Duvalier en 2019.

A partir du 7 février 2019, de vives protestations, visant la démission du président Jovenel Moïse, ont bloqué, pendant plus d’une semaine, le territoire national, où, en plusieurs endroits, ont été dressés des barrages et pneus usagés enflammés.

Le mercredi 13 février 2019, des milliers de manifestantes et manifestants ont défilé à Port-au-Prince et aux abords des ruines du Palais national, situé au Champ de Mars, principale place publique de la capitale, pour demander le départ de Jovenel Moïse.

Le mardi 2 juillet 2019, le groupe des PetroChallengers Nou p ap dòmi a proposé une transition à 4R (rupture, redressement, réorientation et rigueur), en cas de démission du président de Jovenel Moïse.

Plus d’un an après, les PetroChallengers et plusieurs secteurs politiques continuent de réclamer la démission de Jovenel Moïse, devenu très contesté à travers le territoire national, et la tenue d’un vrai procès PetroCaribe.

A travers sa firme dénommée « Agritrans », Jovenel Moïse, qui n’était pas à la présidence politique d’Haïti, est soupçonné d’avoir utilisé « des stratagèmes de détournement de fonds publics », selon les rapports d’audit de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (Cscca).

Entre-temps, le régime politique tèt kale en place demeure incapable et incompétent de résorber la crise socio-économique actuelle, marquée par une inflation de plus de 18 %, une dépréciation constante et accélérée de la gourde (Ndlr : il faut aujourd’hui jusqu’à 96.00 gourdes pour un dollar américain, 111.00 gourdes pour un euro et 2.00 gourdes pour un peso dominicain), par rapport au dollar américain, ainsi qu’une recrudescence des actes d’insécurité et de banditisme armé, à travers le territoire national. [emb rc apr 27/08/2019 15:10]