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Sécurité : Une nouvelle force armée d’Haïti n’est pas la priorité de l’heure, selon le Rnddh


vendredi 16 août 2019

P-au-P, 16 août 2019 [AlterPresse] --- Une nouvelle force armée d’Haïti n’est pas la priorité de l’heure. Elle n’aidera nullement à résoudre les problèmes sociaux, auxquels fait face la population, notamment celui de l’insécurité, estime le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (Rnddh), dans une interview accordée à l’agence en ligne AlterPresse.

En plus d’être budgétivore, la nouvelle force armée ne va pas améliorer les conditions de sécurité dans le pays, critique le Rnddh, qui considère combien cette démarche du président Jovenel Moïse s’inscrit dans la logique inavouée de conserver le pouvoir politique, par n’importe quel moyen.

Les conditions économiques actuelles ne sont pas favorables pour la mise en oeuvre d’une nouvelle force, souligne le Rnddh, appelant l’administration politique actuelle à renforcer, de préférence, la Police nationale d’Haïti (Pnh), au lieu de miser sur l’armée.

Les choix des autorités pour le banditisme, la banalisation de la vie et l’impunité seraient la cause de l’insécurité dans le pays, avance l’organisme de défense des droits humains.

Le mercredi 14 août 2019, les premiers soldats de l’armée d’Haïti « démobilisée », formés dans le pays, ont prêté le serment d’allégeance pour devenir « des soldats à part entière », lors d’une cérémonie déroulée à la base « Anacaona », située dans la commune de Léogane (au sud de la capitale, Port-au-Prince).

15 officiers, 23 aspirants sous-officiers et 248 soldats ont reçu leurs parchemins, dans un contexte de commémoration du 228e anniversaire (14 août 1791 - 14 août 2019) de la cérémonie du Bwa Kayiman, marquant le soulèvement général des esclaves, qui allait aboutir à la proclamation de l’indépendance d’Haïti de la France.

Le bataillon de soldats, encadré, depuis janvier 2019, par des formateurs haïtiens et étrangers, notamment mexicains, devrait participer aux opérations de secours, en cas de désastres, et à la défense du territoire national, selon le gouvernement démissionnaire.

La remobilisation des forces armées constitue une exigence constitutionnelle et une
nécessité historique, fait valoir le président Jovenel Moïse, dans des propos de circonstance.

Pour sa part, le commandant en chef a. i. de la nouvelle force armée, le lieutenant général Jodel Lessage, a signalé un manque de moyens, auxquels font face les nouveaux militaires déployés en Haïti. [emb rc apr 16/08/2019 15:30]