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Haïti-Insécurité : Les remises d’armes à la Cnddr, un simulacre, considère le Rnddh


mercredi 14 août 2019

P-au-P, 14 août 2019 [AlterPresse] --- Les récentes remises d’armes à feu illégales à la Commission nationale de désarmement, démantèlement et réinsertion (Cnddr) constituent un simulacre, aux yeux du Réseau national de défense des droits humains (Rnddh), dans une prise de position, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

« Aucun désarmement réel n’est réellement effectué. Les armes, remises à la Cnddr, sont hors service », argue Pierre Espérance, directeur exécutif du Rnndh, qui exhorte les autorités compétentes à résoudre, de préférence, le problème à la source.

Le Rnddh demande d’assurer, plutôt, un contrôle adéquat des ports et frontières, par où passent les armes et munitions qui arrivent en Haïti.

Le combat contre l’insécurité en Haïti doit nécessairement passer par un renforcement des différentes actrices et différents acteurs de la chaîne pénale, et par la mise à la disposition de plus de moyens, permettant à la Police nationale d’Haïti (Pnh) de mieux s’acquitter de ses responsabilités, suggère le Rnddh.

Quatre armes à feu, dont deux fusils d’assaut et deux pistolets, et près de 50 munitions, appartenant au chef de gang dénommé « Micanord », ont été remises, le lundi 12 août 2019, à la Cnddr, au Wharf Jérémie (centre-ville de Port-au-Prince).

L’un des membres de la Cnddr, Jean Rebel Dorcéna, a indexé différents secteurs, soupçonnés d’implication dans le commerce illégal d’armes en Haïti, notamment dans les quartiers populaires.

Près d’une douzaine de personnes, dont des officiels, des politiques et des membres du secteur privé des affaires contrôlent le marché juteux des munitions en Haïti, a révélé Dorcéna, dans un média télévisé.

Précédemment, 8 armes à feu usagées ont été officiellement remises, le mardi 28 mai 2019, à la Commission nationale de désarmement, démantèlement et réinsertion, par le chef de gang du quartier de Boston (Cité Soleil, périphérie nord de la capitale haïtienne), connu sous le nom de Ti Oungan.

76 gangs armés sont déjà répertoriés en Haïti par la Cnddr, mise en place en mars 2019, par le pouvoir en place, en vue de lutter contre l’insécurité. [emb rc apr 14/08/2019 13:10]