Dépêches

Insécurité : La mise en place de la Cnddr, un prétexte à la gangstérisation en Haïti, met en garde le Collectif Défenseurs Plus


lundi 12 août 2019

P-au-P, 12 août 2019 [AlterPresse] --- Depuis la mise en place de la Commission nationale de désarmement, démantèlement et de réinsertion (Cnddr), les groupes armés sont devenus plus nombreux et plus arrogants en Haïti, dénonce le Collectif Défenseurs Plus.

La Cnddr serait un booster à la gangstérisation sur le territoire national, en Haïti, estime Antonal Mortimé, co-directeur du Collectif Défenseurs Plus, lors d’une conférence de presse, le vendredi 9 août 2019, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse

« Autrefois, on comptait un ou deux quartiers populaires, logeant des bandits, alors qu’aujourd’hui on parle de dizaines, voire des centaines de gangs armés. La gangstérisation devient une épidémie », déplore l Collectif Défenseurs Plus.

Mise en place en mars 2019, par le pouvoir en place, en vue de lutter contre l’insécurité, l’actuelle composition de la Cnddr a répertorié 76 gangs armés en Haïti.

De janvier à juin 2019, plus de 25 policiers nationaux ont, pourtant, été assassinés, rappelle le Collectif Défenseurs Plus, soulignant également combien les dirigeants utilisent la violence pour faire de la politique.

L’organisme de défense de droits humains condamne aussi le laxisme de l’État haïtien face au dossier du massacre de La Saline (quartier, non loin du bord de mer, à Port-au-Prince), en novembre 2018.

Le bilan de la tuerie, commise les 1er et 13 novembre 2018, s’est élevé à au moins 71 morts, selon un rapport publié par le Réseau national de défense de droits humains (Rnddh), le jeudi 20 décembre 2018.

Dans cette affaire, une interdiction de départ a été seulement émise, le lundi 22 juillet 2019, par le juge Chavannes Étienne, contre Fednel Monchéry, directeur général au Ministère de l’intérieur et des collectivités territoriales (Mict) et contre Joseph Pierre-Richard Duplan, délégué départemental de l’Ouest.

La Direction centrale de la police judiciaire (Dcpj) a recommandé l’arrestation de plus de 70 personnes, dont ces deux responsables étatiques, Fednel Monchéry et Joseph Pierre-Richard Duplan, pour des actes répréhensibles, en lien avec la tuerie de novembre 2018 à La Saline.

La situation des droits humains en Haïti est caractérisée par le non-respect des droits civils, politiques, sociaux, économiques, culturels et les droits humains spécifiques, fustige le collectif Défenseurs Plus, qui préconise un renforcement de l’institution policière, dans son dernier rapport. [mj emb rc apr 12/08/2019 11:30]