Corruption/PetroCaribe : Un audit crédible, conduit par une commission de l’Oea en Haïti, souhaite Jovenel Moïse

P-au-P, 15 juil. 2019 [AlterPresse] --- Le président Jovenel Moïse dit collaborer avec l’Organisation des États américains (Oea), en vue de la mise en place d’une commission devant réaliser « un audit juste, crédible et objectif » sur l’utilisation des fonds publics PetroCaribe de l’aide vénézuélienne à Haïti, apprend l’agence en ligne AlterPresse.

Cette commission serait constituée d’une équipe d’experts financiers internationaux indépendants, a informé Jovenel Moïse, dans une tribune, publiée le 12 juillet 2019 dans les colonnes du journal américain Miami Herald.

L’audit de l’Oea devrait permettre aux juges haïtiens de poursuivre les auteurs d’actes répréhensibles, ceux qui ont commis des crimes et volé le peuple haïtien, ajoute-t-il.

A travers son entreprise, dénommée « Agritrans », bénéficiaire d’une partie de fonds PetroCaribe, pour des travaux publics dans le Nord d’Haïti, Jovenel Moïse est soupçonné d’avoir utilisé « des stratagèmes de détournement de fonds publics », selon les rapports d’audit de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (Cscca).

Jovenel Moïse assimile ces accusations à un outil, visant à promouvoir les intérêts politiques et financiers cyniques d’un petit groupe de personnes, qui abuseraient, selon lui, « des faiblesses de notre système depuis longtemps ».

De hauts dignitaires de l’État, dont des premiers ministres, ainsi que d’anciens ministres, d’anciens directeurs généraux et des responsables de firmes de constructions sont également indexés dans la mauvaise gestion des fonds PetroCaribe.

Des mouvements de protestations anti-gouvernementales continuent de réclamer la démission de Jovenel Moïse, devenu très contesté à travers le territoire national, et la tenue d’un procès PetroCaribe pertinent.

L’instabilité actuelle a plongé Haïti dans une impasse, estime Jovenel Moïse, qui évoque les difficultés, rencontrées jusqu’à date (juillet 2019) pour la nomination d’un gouvernement et pour le vote du budget 2018-2019.

Aucune disposition véritable n’est prise pour finaliser la loi de finances 2018-2019, à seulement 2 mois de la fin de l’exercice fiscal en cours.

La nomination d’un gouvernement devrait permettre de débloquer des milliards de dollars en fonds de développement pour le pays, anticipe Jovenel Moïse, qui dit « travailler à tout mettre en œuvre pour réunir des groupes de dialogue et trouver une voie à suivre ».

Depuis le renvoi, le lundi 18 mars 2019, du gouvernement de Jean Henry Céant, par la chambre des députés, la ratification du premier ministre nommé Jean Michel Lapin est dans l’impasse.

Plusieurs secteurs politiques et de la société civile continuent de rejeter l’appel au dialogue du président de la république pour la formation d’un nouveau gouvernement.

La crise socio-économique actuelle est marquée par une inflation de plus de 18 %, une dépréciation constante et accélérée de la gourde, par rapport au dollar américain, ainsi que beaucoup d’actes d’insécurité, de banditisme armé, qui tend à s’étendre, sous diverses formes, à travers le territoire national. [emb rc apr 15/07/2019 10:10]