Haïti-Insécurité : Intensification des actes de violences à Port-au-Prince

P-au-P, 5 nov. 2018 [AlterPresse] --- Depuis quelque temps, on assiste à une intensification des actes de violences dans plusieurs quartiers de la zone métropolitaine de Port-au-Prince où opèrent des gangs armés, observe l’agence en ligne AlterPresse.

Dans une interview accordée à AlterRadio, le responsable de programme de la Commission nationale Justice et paix (Jilap) de l’église catholique, Rovelson Apollon, alerte sur une résurgence des actes de violences à la capitale.

Il y a des victimes de violence armée tous les jours, dans la capitale, à cause des actions des gangs. Les réseaux de gangs sont très actifs, ce qui crée plus de violences et d’instabilité dans le pays, dénonce-t-il.

Il souligne une absence de volonté politique pour combattre le banditisme, puisque certaines autorités sont, selon lui, de connivence avec les bandits.

L’institution policière serait infiltrée par des réseaux mafieux, dit-il, tout en appelant à corriger la situation.

La relation qui existe entre le banditisme et la politique en Haïti alimente la situation d’insécurité, estime la Jilap.

La direction générale de la police a promis deux millions de Gourdes à toute personne qui l’aiderait à identifier et capturer le chef de gang opérant à Village de Dieu, Arnel ainsi connu.

Protection et sécurité sont promises à tout informateur, assure la police.

Plusieurs arrestations ont été effectuées lors d’une opération policière menée le samedi 3 novembre 2018, sur le terrain, en vue de mettre la main au collet de ce chef de gang.

Pour sa part, le député Printemps Bélizaire, de la 3e circonscription de Port-au-Prince, demande à la police d’agir avec professionnalisme, en respectant les droits des citoyennes et citoyens au cours de ses interventions.

Il exhorte l’institution policière à éviter de commettre des représailles et des dommages collatéraux, lors de ses opérations dans les différentes zones concernées.

Le pouvoir en place connait l’origine de l’insécurité et des armes qui circulent dans les quartiers populaires, déclare le parlementaire.

La police ne doit pas seulement démanteler les gangs mais aussi prévenir le phénomène de banditisme qui refait surface dans certains autres quartiers, suggère la directrice exécutive de la Fondasyon Je Klere (Les yeux ouverts), Marie Yolène Gilles.

Elle encourage la police à mener des enquêtes au préalable avant d’effectuer ses opérations, ce qui pourrait éviter, dit-elle, de commettre des erreurs et de porter préjudices à des citoyennes et citoyens innocents. [emb gp apr 05/11/2018 14 :00]