Histoire-Massacre de Jean Rabel : 31 ans après, Tèt kole ti peyizan continue de réclamer justice et réparation pour les parents des victimes

P-au-P, 23 juil. 2018 [AlterPresse] --- L’organisation Tèt kole Ti peyizan continue de réclamer justice et réparation pour les victimes et leurs parents, 31 ans après le massacre de Jean Rabel (Nord-Ouest), perpétré le 23 juillet 1987.

Une manifestation dans les rues ainsi qu’une journée de réflexion sont parmi les activités programmées à l’occasion de la commémoration de cette date, rappelle le coordonnateur de Tèt kole Ti peyizan, Rosnel Jean-Baptiste, dans une interview accordée à AlterPresse ce 23 juillet 2018.

Selon le bilan, revendiqué par les auteurs du massacre, une centaine de paysans ont été tués à Jean Rabel.

Les paysans ont été massacrés, parce qu’ils luttaient en faveur de la justice sociale, et dénonçaient les agissements des autorités locales, fait savoir Jean-Baptiste.

Il signale que, durant les 30 dernières années, la situation n’a pas véritablement changé. Les conditions de vie des paysans ne cessent pas de s’aggraver, malgré les nombreuses luttes menées pour une politique agraire, susceptible de les aider à mieux vivre de la terre.

Tèt Kole ti peyizan réclame la mise en place d’une politique agraire intégrale, permettant aux paysannes et paysans d’avoir tous les moyens matériels et financiers nécessaires à la production agricole.

Tout en exigeant « une décentralisation effective, viable et fructueuse », l’organisation paysanne plaide en faveur de la pleine participation et implication des paysannes et paysans dans les décisions concernant la chose publique.

Elle appelle toutes les organisations paysannes et populaires à se mettre ensemble, afin de proposer une alternative politique appelée à défendre les intérêts du peuple, en général, et des couches les plus défavorisées, en particulier.

« Pour nous échapper de justesse de ce massacre, mes six frères et sœurs, mes parents et moi, nous nous étions réfugiés dans des grottes pendant environ une semaine », témoigne, dans un message, Patrice Florvilus, qui a survécu aux atrocités.

« Depuis, aucune lumière n’a été faite. Aucune décision de justice n’a été rendue », déplore Florvilus. [fb emb gp apr 23/07/2018 16:00]