Perspectives

Haïti-Droits humains : Renan Hédouville « entame son mandat avec un déficit de crédibilité » à la tête de l’Opc, selon la Pohdh


lundi 30 octobre 2017

P-au-P, 30 oct. 2017 [AlterPresse] --- Me Renan Hédouville « entame son mandat avec un déficit de crédibilité » à la tête de l’Office de la protection de la citoyenne et du citoyen (Opc), estime la Plateforme des organisations haïtiennes de droits humains (Pohdh), dans une entrevue accordée à l’agence en ligne AlterPresse.

« On a affaire à des élus, qui ne tiennent compte des inquiétudes de personne, sinon des instructions de leur secteur », et « c’est une menace pour la société », alerte Jean Maxime Rony, coordonnateur de la Pohdh.

« La société haïtienne est en train de subir une dégradation, du fait qu’au Parlement siège une majorité de « béni-oui-oui », toujours prête à approuver ce qu’on leur dicte, sans la moindre analyse », regrette la Pohdh.

Déjà, durant le processus de sélection, Solidarite fanm ayisyèn (Sofa) et Kay fanm, deux organisations de promotion et de défense des droits des femmes, avaient mis en garde le parlement et l’exécutif contre toute intention de mettre Me Hédouville, « un batteur de femme » à la tête d’une institution, l’Opc, qui se doit de promouvoir et de défendre les droits de toutes et de tous.

« On a fait notre travail », se félicite la secrétaire générale de Solidarite fanm ayisyèn (Sofa), Evelyne Larrieux, interrogée par AlterPresse.

Un homme, qui avait l’habitude de « battre sa femme », ne saurait être le champion des droits humains en Haïti, dit la Sofa.

Un tel choix « serait un signal pour banaliser les violences et les agressions contre les femmes et dissuaderait les victimes à porter plainte, en cas d’agressions », avait prévenu la Sofa, en septembre 2017, avec d’autres organisations de promotion de droits humains.

Plus d’une trentaine de personnalités concouraient pour le poste de protecteur du citoyen.

Parmi les trois noms, proposés à l’Exécutif par le Parlement, pour remplacer Florence Elie, au terme de son mandat de 7 ans, la présidence de Jovenel Moïse a décidé de choisir, malgré les dénonciations et mises en garde, Me Renan Hédouville, ancien directeur du travail au Ministère des affaires sociales et du travail (Mast) et président du Conseil supérieur des salaires (Css).

L’arrêté présidentiel, le nommant à ce poste, a été publié, le vendredi 27 octobre 2017, dans le journal officiel « Le Moniteur ».

La Pohdh doute que les dossiers aient été épluchés correctement, pour savoir qui, des postulantes et postulants à l’Opc, avait la tête de l’emploi.

Sans se faire trop d’idées, qu’en dépit du passé de Renan Hédouville et des accusations qui pèsent sur lui, la Pohdh dit espérer, qu’il saura « se mettre à la hauteur de ses responsabilités, comme nouveau Protecteur de la citoyenne et du citoyen ».

Quant au nouveau chef de l’Opc, Me Renan Hédouville, fondateur du Comité des avocats pour le respect des libertés individuelles (Carli), il dit s’engager à poser toutes les actions nécessaires, en faveur du respect des droits des citoyennes et citoyens sans aucune discrimination, dans une entrevue au journal « Le Nouvelliste ».

Le fait « d’être proche du pouvoir ne l’empêchera pas de faire son travail correctement, car l’Opc est indépendante », tente d’assurer Hédouville.

Se déclarant prêt à l’accompagner dans l’accomplissement de ses attributions, l’Opc dit saluer la nomination de Me Hédouville, en remplacement de Florence Elie, tout en lui souhaitant du succès dans cette nouvelle fonction, dans un communiqué en date du 30 octobre 2017. [rjl emb rc apr 30/10/2017 13:50]