Haïti-Justice : Le Rnddh réclame une enquête sur l’« expédition punitive et aveugle » de la Boid, à Lilavois

P-au-P, 25 oct. 2017 [AlterPresse] --- Le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) recommande aux autorités d’ouvrir une enquête sur l’« expédition punitive et aveugle », menée à Lilavois (Bon Repos, au nord de la capitale, Port-au-Prince), le jeudi 12 octobre 2017, par les agents de la Brigade d’opération et d’intervention départementale (Boid).

L’assassinat, le jeudi 12 octobre 2017, par des individus armés, circulant à motos, de l’agent de la Police nationale d’Haïti (Pnh) attaché à la Boid, Watson Jean, ne justifie pas ces agissements des agents de ladite unité, condamne le Rnddh, dans un rapport dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

À l’issue de cette opération policière, une personne aurait été exécutée et deux autres portées disparues après leur arrestation, indique le Rnddh, dans ce rapport en date du mardi 24 octobre 2017.

Huit (8) autres personnes auraient été molestées, neuf autres arrêtées, trois maisons et deux hangars incendiés et deux autres saccagés.

Un véhicule et une motocyclette ont été brulés, alors qu’un autre a été vandalisé.

Si les policiers avaient pris le temps de rechercher Angelo (dit Ti Angelo) et sa bande (présumés responsables de l’assassinat de Watson Jean), ils auraient arrêté les vrais coupables, soutient le Rnddh.

Les dommages et dégâts, provoqués par cette « expédition punitive et aveugle » de la Boid, sont encore visibles dans la zone.

La population (de Lilavois / Bon Repos) est hantée, en ce moment, par « une psychose de peur généralisée », craignant une éventuelle descente de la Boid.

Le Rnddh souligne la nécessité d’ouvrir une enquête sur les assassinats en série des policiers nationaux, tout en souhaitant que les personnes impliquées dans ces actes soient traduites devant la justice.

L’organisme de défense des droits humains plaide pour l’élaboration d’un plan de sécurité, par des experts, en faveur des policiers nationaux, « qui sont trop facilement attaqués et assassinés par des individus armés ».

L’insécurité, qui sévit dans la capitale de Port-au-Prince, depuis quelques semaines, a couté la vie à au moins cinq (5) policiers nationaux pour le mois d’octobre 2017.

Ces actes d’assassinats resurgissent, dès qu’il y a instabilité politique dans le pays, relève la Commission épiscopale Justice et paix (Jilap) de l’église catholique romaine en Haïti. [rjl emb rc apr 25/10/2017 14:10]